14/05/2021
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Kinshasa, le 16 avril 2021 (caritasdev.cd) : l’ambiance était joyeuse dans le ferme agro-pastorale de la Caritas Congo Asbl, située dans la Commune de Maluku à environ 128 km du centre-ville de Kinshasa, où une quarantaine de personnes étaient engagées dans la récolte des patates douces. Du lundi 05 au mercredi 07 avril 2021, les uns récoltaient les patates douces et les acheminaient à l’ombre des eucalyptus, les autres les chargeaient dans des sacs bien bondés, sous l’œil vigilant de quatre vendeuses du marché de la Liberté. Ces dernières exigeaient des sacs remplis selon la formule « 3 pas renforcés », entendez deux sacs superposés et dont le second « chargé » à trois pas (de l’index au majeur bien écartés), avec un léger dépassement.

Ce sac de « 3 pas renforcés » est acheté par les vendeuses à 50.000 Francs Congolais, soit 25 dollars américains , pour être revendu en gros et/ou détails au marché de la Liberté de la Commune de Masina. Il pèse en moyenne 150 kgs. Ces braves dames ont gardé tout leur sourire, malgré la pluie qui tombait chaque jour, aggravant l’état du tronçon routier de 28 kms entre Menkao et la ferme de Caritas. Lorsque l’état de route est mauvais, cela empêche les transporteurs d’atteindre les fermes environnantes. Elles font venir généralement les taxi-bus de marque Mercedes, dénommés « 207 ». Mais, il y avait eu plus de peur que de mal. Toutes leurs marchandises ont été finalement évacuées vers le marché de la Liberté de Masina.

« Je suis venue acheter la patate douce et ai emmené avec moi des gens pour les ‘charger’ dans des sacs. Ces patates douces sont d’une très bonne qualité ; regardez vous-même la qualité de celle-ci », a affirmé Mme Tania, en montrant avec joie une grosse patate. « Après les avoir chargées dans des sacs, nous ferons venir en consortium un véhicule et irons vendre ces patates douces à Kinshasa », a indiqué la quadragénaire. Elle se disait très sûre de rentrer dans ses dépenses et gagner un bon bénéfice de cette opération.

Sa collègue Maman Wivine a confirmé ses dires, avant de formuler cette recommandation : « vous feriez mieux d’acquérir votre propre tracteur pour augmenter votre production et diminuer les dépenses. Vous pourriez augmenter d’autres cultures comme les aubergines, le piment, et tomates ». Et Mme Tania de renchérir : « nous faisons de bonnes affaires avec cette compagnie (Ndlr : la Caritas). Nous et bien d’autres familles représentées ici. Nous serions très ravies que Caritas continue à produire pour que nous autres puissions vivre et faire vivre nos familles derrière son action dans cette ferme ».

De leur côté, des hommes et des femmes s’évertuaient à déterrer des patates douces, les couvrant des feuillages pour les protéger contre le soleil, avant de les sortir sous l’ombrage d’eucalyptus. Lorsque les patates douces récoltées sur un billon d’environ 200 mètres de long, et transportées sur la tête, arrivent à remplir un sac de « 3 pas renforcé », celle ou celui qui a réalisé ce travail reçoit 5.000 FC (environ 2,5 $US) de la vendeuse. Le même montant est réservé aux jeunes gens qui classent ces patates dans les sacs, bondés selon l’accord entre le propriétaire du champ et les vendeuses. Le propriétaire de la ferme est représenté par Monsieur Guy Kidi Mavula, superviseur des activités.

Patates douces, ananas et manioc déjà en exploitation

Pour rappel, la ferme agropastorale de la Caritas Congo Asbl est étalée sur 64 hectares. Tout cet espace n’est pas encore totalement exploité, mais une dizaine d’hectares contient les cultures vivrières tels que l’ananas, le palmier à huile, le manioc, le maïs et la patate douce. La récolte décrite ici a concerné six hectares et a donné 56 sacs de « 3 pas renforcé », soit une production d’environ 8,4 tonnes, sans compter des « déchets » ou des patates de dimensions inférieures et les « Mbasu », celles portant des « fissures ». Les travaux ont démarré dans cette ferme début janvier 2014, dans le cadre d’un projet quinquennal d’appui à a sécurité alimentaire, financé par l’Agence Norvégienne pour le Développement International (NORAD), à travers la Caritas Norvège. Elle se veut un champ d’expérimentation devant servir de modèle et d’exemple pour la population des environs dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage en vue d’améliorer les pratiques agricoles durables, respectueuses de l’environnement que celle-ci pourra apprendre de la ferme.

Guy-Marin Kamandji

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