19/04/2021
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Lisala, le 1er avril 2021 (caritasdev.cd) : la Caritas-Développement Lisala a entamé une campagne de sensibilisation des femmes vendeuses de trois grands marchés du chef-lieu de la Province de Mongala. « Il s’agit d’un renforcement des capacités des mamans vendeuses qui ont de faibles moyens économiques ; celles ayant moins de 20.000 Francs Congolais (environ 10 $ US) comme capital. Le Bureau des Urgences/Social de la Caritas-Développement Lisala s’investit ainsi dans la sensibilisation des femmes vendeuses dans trois marchés de la ville : marché central de Lisala, Agbeme Djalo et Matonge. Nous apprenons à ces femmes comment gérer l’argent, épargner et se faire payer à la fin du mois, grâce au dépôt qu’elles font chaque jour », a indiqué Mr Odon Kisungu, Directeur du Bureau des Urgences et de Solidarité de la Caritas-Développement Lisala.

 « Pour le moment, nous avons déjà enregistré 100 femmes, reparties selon les trois marchés. Nous sommes dans la phase de sensibilisation. Viendront ensuite la formation et le financement », a souligné Mr Kisungu, abordé à Kinshasa mardi 30 mars 2021 par caritasdev.cd. Ce projet pilote, bénéficie d’un appui local. « Voilà pourquoi nous sollicitons l’appui des partenaires pour ce projet dénommé Mamans wa mosala », entendez « Femmes travailleuses », que les bénéficiaires ont débaptisé « Mamans pe mosala », autrement dit « la femme et le travail ».

Pour la Caritas Lisala, la bonne politique consiste à inciter ces femmes vendeuses à épargner en évitant des dépenses inutiles, afin de leur octroyer des crédits à faible taux. « Si une femme reçoit 15.000 FC, elle devra rembourser 18.000 FC après un mois, moyennant un versement journalier de 500 FC (0,25 dollars).

En fait, la Caritas Lisala a perçu la nécessité d’encadrer ces femmes vulnérables, pour leur éviter d’être victimes d’un système d’emprunt impitoyable, dénommée localement « IKOTAMA  », obligeant les débiteurs à rembourser avec un taux d’intérêt de 50 à 75%.  « Cela nuit à l’économie familiale de ces femmes qui évoluent dans la micro-entreprise », s’est indigné Mr Odon Kisungu. 

Mr Odon Kisungu, Directeur Bureau Urgences / Caritas Lisala
Mr Odon Kisungu, Directeur Bureau Urgences / Caritas Lisala

L’intervention de la Caritas s’inscrit dans un contexte d’accentuation du taux de chômage, avec des femmes qui supportent le poids des besoins familiaux : logement, scolarité, soins de santé, etc. Cette pauvreté ambiante n’épargne pas les enfants, devenus eux aussi des « acteurs économiques » lors des vacances pour appuyer leurs parents à faire face aux charges familiales.

Les trois marchés ciblés sont situés dans les deux Communes que compte la ville de Lisala : Bolikango et Mongala. Les mentalités du milieu, la non acceptation de certains maris et l’analphabétisme de la plupart des femmes constituent des difficultés à cette phase du projet.

Pour s’adapter à cette situation, Caritas Lisala a d’abord tenté une expérience-pilote auprès de 12 femmes vendeuses de chikwangues (patte de manioc) à Kaba. Elle a été plutôt positive. Après 90 jours d’activités, trois parmi elles ont pu s’acheter dix tôles pour leurs maisons. « Si elles produisent la chikwange de 10.000 FC (5 $), elles les vendent à 20.000 FC. Ce qui leur a procuré une marge assez intéressante de bénéfices pour pouvoir acheter trois tôles en un mois », s’est réjoui le Directeur du Bureau des Urgences et de Solidarité de la Caritas-Développement Lisala.

Guy-Marin Kamandji

 

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