27/10/2020
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Idiofa, le 05 octobre 2020 (caritasdev.cd): En marge du lancement des activités de l’aide d’urgence multisectorielle de la Caritas contre la Covid19 dans les 5 Zones de Santé d’Idiofa, en province du Kwilu, caritasdev.cd a interviewé Mr Jean-Marie LASWE. Il est l’Administrateur du Territoire d’Idiofa. Au-delà de la gratitude exprimée au Ministère allemande des Affaires Etrangères, avec les Caritas Allemagne, Congo et Idiofa, pour l’appui à la riposte contre le Coronavirus 2019 dans son territoire, il a loué l’action de PAPAKIN (Programme d'Appui aux Pôles d'Approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraîchers, PAPAKIN) en faveur des paysans. Cette intervention est d’autant plus importante que « nous n’avons pas de bonnes routes pour aller vers les fonds des villages et ramener les produits agricoles vers les centres de consommation ».

Voilà pourquoi, Mr Laswe a salué le lancement des travaux d’entretien manuel des routes de desserte agricole, piloté par l’OVDA qu’il espère voir opérationnel dans son territoire de 20.000 Kms-carré. Ci-dessous l’intégralité de cette interview, réalisé mercredi 09 septembre 2020, jour du lancement du Projet d’Aide d'Urgence Multisectorielle pour Déplacés Internes, Retournés forcés de l'Angola et population hôte, Province Kasaï Central RD Congo - Complément Riposte Urgence contre la pandémie COVID 19 - Province Kwilu.

Nous sommes ici à Idiofa. Nous venons d’assister à une manifestation. De quoi il a été question ?

Nous venons de recevoir des matériels qui nous ont été envoyés par l’Allemagne et la Caritas. Un lot de kits contre le Coronavirus.

Pourriez-vous nous présenter la carte postale de ce territoire d’Idiofa ? Et quels sont les problèmes majeurs que rencontrent votre population ? Comment vous arrivez à y faire faire : par votre propre administration, avec l’appui du Gouvernement, ainsi que d’autres partenaires.

Idiofa, c’est d’abord un territoire purement agricole. Nous avons des problèmes sérieux pour l’évacuation justement des produits agricoles. Les villageois travaillent ; ils ont des produits agricoles chez eux. Mais, il y a un problème des routes de desserte agricole pour évacuer ces produits vers les principaux centres de consommation, que sont Kinshasa et Kikwit.

Idiofa est un Territoire qui a une superficie de 20.000 kms-carré et une population de 2.760.000 habitants qui s’adonne à l’agriculture. Mais, elle finit par se buter au problème d’évacuation des produits.

Nous n’avons pas de bonnes routes pour aller vers les fonds des villages et ramener les produits agricoles vers les centres de consommation pour la vente. A son temps, il y avait des cantonniers qui réhabilitaient la route et que l’Etat payait. J’ose croire qu’avec l’actuel projet de l’OVDA (Office des Voies de Desserte Agricole (OVDA), nous pourrions avoir l’espoir. Car, là, il y aura le cantonnage manuel. (Ndlr : En effet, pour promouvoir la production interne et atténuer l’impact de la pandémie de la Covid19, le Gouvernement congolais a lancé mercredi 19 août 2020 à Kenge, les travaux d’entretien permanent des routes de desserte agricole par le cantonnage manuel. Organisée par le Ministre du Développement Rural, cette cérémonie a été présidée par le Premier Ministre, Mr Sylvestre Ilunga Ilunkamba).

Je sais que le Premier Ministre a lancé les travaux d’entretien routier par le cantonnage manuel. Ca ne concerne pas Idiofa ?

Si, le Territoire d’Idiofa est concerné. C’est ce que nous attendons. En fait, le cantonnage manuel va intervenir. En ce moment-là, nous pourrions avoir des routes de desserte agricole en bon état. Et, les produits agricoles pourraient atteindre les centres de vente.

N’y a-t-il pas d’autres problèmes, sur le plan de fourniture de l’énergie électrique, par exemple ?

Oui, il y a un problème. Nous attendons le projet du barrage Kakobola qui se trouve dans le Territoire de Gungu. Il date d’environ 15 ans. On nous dit toujours qu’il est en cours. Une fois réalisé, ça pourra nous aider pour l’électrification de notre territoire. La production de ce barrage devrait atteindre Idiofa, Kikwit et, je crois, Masimanimba aussi.

En attendant, comment votre population arrive-t-elle à faire fonctionner des machines ou autres appareils électriques ?

Nous avons un barrage hydro-électrique ici, qui appartient au Diocèse d’Idiofa. Cela sauve, en tout cas, à près de 50%, la population d’Idiofa. L’électricité ainsi produite dessert aussi l’hôpital général de référence. A la cité, c’est un peu difficile. La SNEL (Société Nationale de l’Electricité) essaye de fournir aussi l’électricité (grâce à un grand groupe électrogène) ; mais, elle est souvent à cours de carburant.

Qu’en est-il de la fourniture de l’eau potable ?

Servie par le courant électrique du diocèse (Ndlr : catholique) d’Idiofa, la Régie de Distribution des eaux (REGIDESO) est actuellement en forme. Elle fournit régulièrement de l’eau à la population.

En revenant à Idiofa, j’ai vu une bonne partie de la voirie asphaltée. Qu’en est-il au juste ?

L’asphalte prend 7 kms, depuis l’entrée de la commune d’Idiofa. C’est un projet du Gouvernement, fruit du plaidoyer d’un fils du terroir, Mr Aubin Minaku, qui était Président de l’Assemblée Nationale. Il a pesé de tout son poids pour que l’asphalte entre ici à Idiofa. En principe, il était question que cette réhabilitation atteigne la grand-route qui mène vers Tshikapa. Mais, il y a un problème du côté du Gouvernement central. Les fonds alloués n’étaient pas suffisants pour cette extension.  Les travaux se sont donc arrêtés à 7 kms seulement. Mais, c’est déjà un début.

Parlez-vous de l’enseignement et de la situation de sécurité.

Les épreuves de l’Examen d’Etat se sont bien déroulées sur l’ensemble du territoire d’Idiofa. J’ai fait la ronde des écoles, complétée par mes Collaborateurs.  Ces épreuves se sont passées sans aucun incident. Par ailleurs, dans l’ensemble, il n’y a pas de situation d’insécurité sur le territoire d’Idiofa. Il sied de signaler toutefois de petits problèmes au niveau de Mangayi et Dibaya, avec les riverains, pour lesquels nous arrivons à tout le moment à trouver des solutions.

Quels sont les partenaires qui vous soutiennent dans la réponse que vous apportez aux problèmes de votre population ?

Idiofa est un territoire purement agricole. Je signale PAPAKIN, qui nous aide souvent. Il aide les paysans à émerger. Il achète leurs produits agricoles, en remettant l’argent aux mêmes personnes qui continuent ensuite leurs activités champêtres. Nous avons aussi l’OVDA que nous attendons pour les problèmes de routes. Parmi nos partenaires, Caritas s’implique quelques fois. Car, ils construisent quelques fois des écoles et d’autres infrastructures de base.

Quels sont vos souhaits pour rapport aux problèmes non résolus et votre message pour votre population ?

Mon souhait est que les partenaires viennent nombreux chez nous pour le développement de notre territoire. Je souhaite aussi que des projets, une fois lancés, puissent aboutir à des résultats escomptés, comme pour l’entretien manuel de routes de desserte agricole. Mon vœu est aussi que PAPAKIN (Programme d'Appui aux Pôles d'Approvisionnement de Kinshasa en produits vivriers et maraîchers, PAPAKIN) qui a commencé son appui à quatre Secteurs couvrent tous les 12 Secteurs du territoire d’Idiofa, pour que notre territoire émerge.

Enfin, je demande à la population de rester sereine. Il n’y a pas de problème d’insécurité ici. Que tout le monde vaque à ses activités quotidiennes ; qu’il y ait du clame dans le territoire d’Idiofa en général et dans la commune portant ce nom en particulier.

Propos recueillis par Guy-Marin Kamandji

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