05/08/2020
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Kinshasa,  le 17 octobre 2019 – (caritasdev.cd) -  Karl  Eisenhardt de Caritas Autriche constate qu’il y a encore beaucoup de Caritas diocésaines qui se comportent en simples fournisseuses  et distributrices des intrants comme les semences,  du matériel ou toute autre aide. Mais, selon ce Chargé de programmes des pays des Grands  lacs (africains) au sein de Caritas Autriche, ces Caritas diocésaines devraient surtout rendre des services aux démunis. Karl  Eisenhardt de Caritas Autriche s’est exprimé ainsi lors d’une interview accordée récemment à caritasdev.cd à Kilwa, en RD. Congo, et à lire in extenso ci-dessous. Rendre service aux démunis signifie, pense-t-il,  assurer l’accompagnement des paysans  avec des conseils techniques afin de les aider à mieux produire et à mieux vendre, rapporte caritasdev.cd

Question (Q) : Quelles sont les nouvelles récentes que vous donnez sur le PRASA-régional et les PSA (Programme de Sécurité Alimentaire) dans les diocèses en RDC ?

Réponse (R ) : Il y a deux nouvelles. Premièrement c’est celle des innovations et deuxièmement celle de ce qui concerne les études de marché.  Pour expliquer l’innovation, nous avons introduit dans nos projets l’aspect innovant par le canal de ces  outils ou éléments : le séchoir de fruits et légumes de Kongolo, la production d’alimentation  pour les poules et les poissons ainsi que les foyers améliorés. Il y avait deux objectifs dans tout ceci : premièrement trouver les meilleurs produits et deuxièmement  donner une étude de faisabilité en ce qui concerne l’effet multiplicateur. L’objectif était de trouver un processus que nous avons estimé important pour répondre à un problème afin de résoudre une difficulté. Alors c’était la méthodologie  qui était la plus importante pour ce projet . Il était suggéré  de suivre cette méthodologie. Cela veut dire identifier le besoin et le pourquoi des foyers améliorés par exemple. Après avoir mené des recherches, il a été demandé à des foyers améliorés de voir quels étaient les produits existant  selon le terrain ou dans la région. Dans l’Internet les informations sont nombreuses. Par le foyer amélioré on a trouvé des solutions dans toute la région intéressée à cela en RD. Congo.

Question (Q) : Qu’est-ce qui préoccupe la Caritas Autriche pour la RDC  à propos des prochaines années ?

R : C’est le pillage des ressources naturelles. Mgr Fulgence Muteba  nous a parlé du pillage qu’il y a ici dans son diocèse qui est Kilwa-Kasenga. En ce qui concerne par exemple le commerce du bois rouge, nous sommes préoccupés par les  perturbations climatiques causées. Prenons le cas de Kilwa en 2018.  C’était les inondations et  en 2019 il y a la sécheresse.  Depuis  janvier 2019, il n’y a presque plus de  pluie à Kilwa. Il  y a aussi la croissance de la population . En 2030 il y   aura  120 millions de Congolais.   Maintenant, nous sommes autour, je pense, de 87 millions de Congolais. Cela aura un impact sur notre travail comme Caritas.

Question (Q) : Depuis que le PRASA et les PSA sont lancés , quelles sont les leçons que vous avez déjà tirées ?

R : Nous comme Caritas nous sommes  trop focalisés  sur la productivité. Mais on néglige cet aspect d’accès au marché. Si on veut améliorer la vie du paysan, il faut également  l’aider      à obtenir un meilleur prix pour son produit devant être vendu. Souvent, on ne peut pas travailler.  Pour faciliter l’accès au marché cela demande une nouvelle qualification.  Il faut avoir des économistes.  C’est la raison pour laquelle nous avons employé les économistes et ceux qui ont suivi des études de marché pour nous dire quels sont les produits demandés par les marchés et les consommateurs  et quels sont ceux qui sont rémunérateurs.   Le partenaire a proposé au  paysan de cultiver des carottes. Les agronomes étaient contents pour les carottes.  Mais, les paysans n’ont pas pu vendre les carottes. En effet, le marché ne s’est pas intéressé aux carottes. Donc il aurait fallu mener une étude de marché avant de cultiver ces carottes. C’était après ceci que nous avons été amenés à impliquer des économistes dans nos projets.  Ce que je trouve essentiel  est d’initier la recherche d’abord et ne pas venir avec la solution sans réfléchir à ce qu’il fallait d’abord faire. La leçon est  que de modestes Caritas comme celle de  Kilwa-Kasenga se sont développées grâce au  PRASA. Ceci a été possible grâce à l’accompagnement des Caritas sœurs, notamment la Caritas Kongolo qui l’a fait pendant la première année.  Cet accompagnement a été très efficace pour le renforcement des capacités de la Caritas Kilwa.

Q : Qu’avez-vous à dire par rapport à l’atelier sur la capitalisation des expériences et la gestion des connaissances qui vient d’avoir lieu à Lubumbashi, avec l’appui financier de Caritas Autriche ?

R : Tout d’abord le feed-back des participants  à cet atelier de formation qui a été animée par la Caritas Congo Asbl était très positif. Personnellement,  je n’ai   participé  à cette formation que le dernier jour.  L’idée de transformer en communautés de pratique quelques travaux en groupes dédiés à certains sujets (par exemple le  SILC et l’élevage)  m’a beaucoup plu. Nous envisageons à la réaliser. Il est prévu que ces communautés de pratique aient un échange  régulier en utilisant un support de communication (skype, zoom).  Les collègues du Burundi ont également contribué à cet atelier en donnant leurs expériences et ils vont participer à ces communautés de pratique.

Q : Selon vous la question de la sécurité alimentaire est-elle importante pour la Caritas Autriche ?

R: Il y a deux piliers dans la stratégie de la Caritas Autriche. Ce sont  la sécurité alimentaire et l’aide aux enfants et aux jeunes. 80 pour  cent de notre budget devraient être destinés à ces deux domaines. Presque toutes les études montrent que pour éliminer la pauvreté il faut d’abord promouvoir l’agriculture. Dans notre conception, la sécurité alimentaire ne concerne pas seulement la production et la commercialisation des produits.

Question (Q) : Que dites-vous des relations entre Caritas Congo Asbl et Caritas Autriche ?

R : Les rapports sont très bons entre nos deux structures. Nous avons  les mêmes tâches, les mêmes responsabilités, concernant notamment le plaidoyer. Nous sommes des Caritas nationales nous occupant des urgences, notre domaine, à côté d’autres. Et nous menons de grands projets. Nous sommes aussi dans la formation ou le renforcement des capacités des Caritas diocésaines. C’est ainsi que la Caritas Congo Asbl a facilité la formation de nos partenaires dans le cadre du Prasa et aussi  sur la capitalisation des expériences. Ce fut lors d’un atelier qui a eu lieu à Lubumbashi du 30 septembre au 4 octobre 2019. Nous avons aussi le programme appelé Rechange avec la Caritas Africa. Sept Caritas nationales, y compris la Caritas Congo Asbl, y prennent part. Le programme Rechange est la formation sur plusieurs domaines dont CHS ou Core Humanitarian Standards. L’objectif de ce programme est de rendre les Caritas capables d’accueillir   les volontaires de l’Union Européen et de travailler avec eux dans les urgences surtout. C’est un programme financé par l’Union Européenne et par la Caritas Autriche.

Q : Quel est votre mot pour terminer ?

R  :  Ce que j’ai à cœur est ce  que la Caritas  devrait jouer comme rôle pour travailler avec les Caritas diocésaines. Depuis 15 ans ,en effet, je constate qu’il y a encore beaucoup de Caritas diocésaines qui se comportent en simple fournisseuses  et distributrices des intrants comme les semences, du matériel ou toute autre aide. Mais, à mon avis, ces Caritas diocésaines devraient surtout rendre des services aux démunis. Ces services se résument entre autres par l’accompagnement des paysans  avec des techniques, afin de les  amener à mieux produire et à mieux vendre.

 

Propos recueillis par notre Envoyé spécial à Kilwa JOSEPH KIALA

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