28/02/2020
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Kinshasa, le 10 avril 2018 (caritasdev.cd) : Dans le cadre de la Consultation Nationale sur l’analyse de la situation du Conseil interconfessionnel de lutte contre le VIH et le Sida en République Démocratique de Congo, le Programme National Multisectoriel de Lutte contre le Sida (PNMLS), en collaboration avec l’ONUSIDA, ont organisé un atelier de deux jours (du 26 au 27 mars 2018) au Centre d’Accueil Caritas Congo Asbl.

Cet atelier a réuni des délégués des confessions religieuses et d’autres acteurs des Organisations qui luttent contre le Sida en République Démocratique du Congo. « Au-delà des résultats prometteurs (réduction du nombre des personnes vivant avec la VIH, augmentation de la couverture du traitement et renforcement des activités finalisées à éliminer la transmission mère-enfant du VIH), il y encore des efforts à faire…. A mon avis, il est nécessaire de réveiller la population, surtout les jeunes ; il est nécessaire de réactiver le message (VIH est toujours parmi nous) ... », a affirmé  Monsieur Stefano Nobile, Coordinateur pour la Santé et le VIH auprès de Caritas Internationalis, dans  cette interview accordée à caritasdev.cd mardi 27 mars dernier, à lire dans son intégralité ci-dessous.

 

Nestor Max Lutumba : Quel est votre nom, votre fonction et pour quelle institution ou organisation intervenez-vous à cet atelier ?

Stefano Nobile : Je m’appelle Stefano Nobile et je suis Coordinateur pour la Santé et le VIH auprès de Caritas Internationalis. J’interviens  à cet atelier au nom du Secrétariat Général de la Confédération Caritas Internationalis. Car, Caritas Internationalis, en collaboration avec ONUSIDA, PEPFAR et d’autres organisations d’inspiration religieuse font partie de la « FBO Initiative », une initiative lancée par ONUSIDA et PEPFAR engagées à renforcer les capacités des organisations d’inspiration religieuse dans la lutte contre le SIDA. En particulier, en avril 2016 et dans le cadre de la « FBO Initiative », Caritas Internationalis a organisé une conférence sur la SIDA pédiatrique, qui a débouché à une série d’initiatives régionales et nationales ciblées sur le renforcement des capacités des organisations d’inspiration religieuse dans la lutte contre le SIDA pédiatrique. La consultation nationale organisée par le PNMLS, avec la collaboration de Caritas Internationalis, rentre dans cette série, qui a aussi touchée le Nigeria et le Zimbabwe, parmi d’autres.

Mr Stefano en entretien avec le Sec. National adjoint du PNMLS et du Directeur-Pays de l'ONUSIDA
Mr Stefano en entretien avec le Sec. National adjoint du PNMLS et du Directeur-Pays de l'ONUSIDA

 

Quelles avancées significatives note la Caritas Internationalis dans la lutte contre le VIH et le Sida en  République Démocratique du Congo ?

Au-delà des résultats prometteurs (réduction du nombre des personnes vivant avec le VIH, augmentation de la couverture du traitement et renforcement des activités destinées à éliminer la transmission mère-enfant du VIH), il y encore des efforts à fournir, en particulier dans l’extension du dépistage et traitement pour les enfants vivant avec le VIH (seulement le 30% des enfants vivant avec le VIH reçoit un traitement adapté, contre 44% des adultes), dans la coordination des efforts des organisations d’inspiration religieuse et dans la prévention, qui passe surtout par le changement des coutumes. A mon avis, il est nécessaire de réveiller la population, surtout les jeunes ; il est nécessaire de réactiver le message « VIH est toujours parmi nous ». Il est nécessaire que les communautés soient correctement informées, afin qu’elles puissent renforcer leurs capacités dans la lutte contre le SIDA. Et je crois que la consultation nationale est bien placée pour répondre à ces défis : chaque organisation d’inspiration religieuse peut mobiliser les communautés auxquelles elle rend service, tout en respectant les valeurs et la vision des autres. 

 

Partant les six axes du Plan Stratégique du Programme National Multisectoriel de lutte contre le Sida, selon vous, quelles seraient concrètement les attentes auxquelles les parties prenantes impliquées à cette lutte peuvent-elles espérer ?

Les axes du Plan Stratégique doivent, à mon avis, être considérés comme un ensemble. Par contre, chaque acteur, y inclus les organisations d’inspiration religieuse, doit trouver sa place dans la lutte contre le VIH, une place qui se base sur ces propres valeurs et sa propre mission. Si ç’est respecté, nous, ensemble, pouvons attendre des résultats vraiment concrets, vraiment à faveur des populations les plus défavorisées. La lutte contre le SIDA n’est pas seulement dépistage et traitement. La lutte contre le SIDA passe aussi à travers le cœur, à travers une action de soutiens psychologique et spirituel des personnes vivant avec le VIH, de leurs familles et communautés. Et ç’est, sans aucun doute, la valeur ajoutée des organisations d’inspiration religieuse.

 

A l’issue à cet atelier, que conseille Caritas Internationalis aux Organisations et différentes confessions religieuses impliquées dans la lutte contre le VIH et le Sida en République Démocratique du Congo ?

Le rôle de Caritas Internationalis, Secrétariat Général pour les 165 membres nationaux, est de soutenir les Caritas nationales et les Organisations liées à l’Eglise Catholique dans leurs réponses aux besoins des plus démunis. De leur part, elles travaillent avec des organisations inspirées par d’autres confessions religieuses. Cela peut se révéler risqué, car, à la place de valoriser les efforts conjoints qui mettent l’être humain au centre du développement durable, on risque de tomber dans des discours théologiques qui emphatisent les visions différentes parmi eux. Il faut un effort de chaque organisation : quand on lutte contre la SIDA, quand on répond aux besoins des plus faibles, quand on travaille pour le développement des communautés, on travaille ensemble. La discussion théologique n’a pas de place, parce qu’elle est transformée en réponse directe aux besoins des hommes, des femmes, et des enfants de la République Démocratique du Congo.

 

Auriez-vous encore quelque chose à ajouter sur ce qui précède ?

Coordination, communication, respect. La coordination assure un partenariat efficace. La communication entre les organisations d’inspiration religieuse et ainsi qu’entre elles et les sièges régionales et internationales assure la duplication de bonnes pratiques et la juste visibilité aux résultats accomplis. Le respect assure que chaque acteur trouve la bonne place dans la lutte contre le SIDA, sur la base de ses propres valeurs et sa propre mission. De la part de Caritas Internationalis, je confirme notre volonté à soutenir la réponse au VIH en République Démocratique du Congo (et, en particulier, la réponse au SIDA pédiatrique) et à accompagner les organisations d’inspiration religieuse sur place dans leur magnifique travail en faveur de toutes les personnes vivant avec le VIH.

Interview réalisée par Nestor Max Lutumba (Stagiaire)

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