26/06/2022
NOUS SUIVRE SUR

Gemena, le 12 janvier 2022 (caritasdev.cd) : Mr Justin MBANGU Mbenga est le Président de l’Organisation des Producteurs (OP) Tosalisana, regroupant 25 paysans du Groupement de Bominenge, à 52 Kms de la ville de Gemena, dans la Province du Sud-Ubangi. Son Organisation et lui-même sont bénéficiaires du Projet « Un Monde Sans Faim, Sécurité alimentaire dans le Nord-Ouest de la RDC 2018-2022 ». Ce projet vise à améliorer la sécurité alimentaire et la résilience de 5.000 familles des paysans, soit 30.000 personnes dans les Provinces du Nord et Sud-Ubangi en RDC. En vue d’augmenter durablement leurs revenus et améliorer la sécurité alimentaire, les organisations bénéficiaires ont reçu notamment une formation culturale, suivie par des moniteurs agricoles, des semences améliorées, des chèvres et des poules. 

En effet, les ménages ciblés ont été regroupés en Organisations de Producteurs Agricoles et ont bénéficié de divers appuis.  Mr Justin MBANGU en parle dans ce témoignage très encourageant.

Des chèvres ainsi que des champs collectifs et individuels en plein essor

« Ici, nous sommes devant une chèvrerie. Nous élevons les chèvres. Ces chèvres nous ont été données par le projet ‘ Un Monde Sans Faim ‘ via la Caritas, par son esprit de solidarité et qui nous a emmené un géniteur. Nous étions déjà une Organisation et avons capitalisé cet appui. Ce qui justifie cette chèvrerie que nous avons construite et les chèvres qui nous entourent », a indiqué de prime abord Mr Mbangu.

« Nous étions certes une Association, mais travaillions comme des gens du village. Le projet « Un Monde Sans Faim » nous a alors appris comment élever nos bétails. Même chose du côté de l’agriculture où le projet nous a transmis de techniques culturales », a ajouté Mr Justin Mbangu.

« Voilà pourquoi nous nous réjouissons de ce projet. Qu’il plaise à Dieu que ce projet continue ainsi. Il y a un grand changement. D’abord, nous n’élevons plus les bétails comme avant. Nous dormions avec nos bétails dans nos maisons ; nos chambres. Mais, le projet nous a appris comment construire une « maison » et une litière pour les chèvres.

Il a nous a aussi appelé quels aliments donner aux chèvres. Car, nous étions habitués à laisser les bétails aller chercher eux-mêmes leurs aliments. Désormais, le projet nous a appris différents aliments dont nous n’avions pas connaissance. Voilà pourquoi nous sommes très contents de ce projet.

Un autre changement, c’est du côté de notre comportement ; car, nous avons changé les vieilles habitudes. Un autre changement observable, c’est la taille des chèvres. Nous en avions de petites tailles. Aujourd’hui, de gros boucs ont amélioré la qualité des chèvres dans notre contrée. C’est cela le grand changement reçu du projet.

Une vue des chèvres de l'OP Tosalisanaa
Une vue des chèvres de l'OP Tosalisana

Pour ce faire, chaque ménage avait apporté une chèvre pour être fécondée par le bouc améliorateur.  Grâce à cette chèvrerie, ces femelles locales sont fécondées. Et, une fois en gestation, elles étaient retournées à leurs propriétaires. Nous pourrions estimer à plus de 200, le nombre des chèvres obtenues depuis le début du projet. Si nous faisons un petit tour au village, vous en serez ravis.

Ici sur place à l’élevage, nous avons environs 20 chevreaux. Des chèvres sont aussi en gestation. Même s’il prenait fin aujourd’hui, ce projet nous a beaucoup appris, a affirmé Mr Mbunga.

« La 1ère part de notre production agricole, c’est pour nos ventres… »

Mr Justin Mbunga est aussi le Président d’une UOP, entendez Union des Producteurs. Deux autres OP se sont jointes à son OP Tosalisana. Au-delà de l’élévage, les membres de ces OP font aussi l’agriculture. Caritasdev.cd les a trouvés dans un champ à coté de leur village.

« Ici, nous sommes dans un champ de notre UOP. Plusieurs OP y sont présentées. Que ce soient ceux qui font la chèvrerie, le poulailler ou l’agriculture. C’est notre champ communautaire. Nous avons planté cette fois le niébé. Nous avons fini le premier sarclage. Si nous entamons le 2ème, c’est possible que nous élargissions ce champ. Nous en avons la force ».

Ici, nous avons une superficie de 100 mètres sur 100, soit 10.000 mètres-carré ou un hectare. Et, cette culture de niébé a déjà fait un mois et 2 jours. Il reste 1 mois et demi pour la récolte. Les techniques culturales apprises ici, chacun va les appliquer à son champ individuel. Les uns ont leurs champs individuels de ce côté-ci; d’autres là-bas, d’autres encore du côté de l’hévéa.

L’Animateur vient nous enseigner ici ; les Superviseurs nous suivent ici aussi. Comme nous prônons un « Monde Sans Faim », la 1ère part de notre production, c’est pour nos ventres.               Après avoir siégé sur la production obtenue, nous la distribuons aux membres. « Toi, prends cette production pour ta famille. Manges une partie et gardes en une autre ». Même chose pour d’autres membres.

Nous avons des Chargés de Travaux dans notre UOP. Et, nous aussi les Présidents, parcourons les champs individuels. C’est pour voir si les conseils reçus au champ communautaire sont pratiqués par nos ménages. Effectivement, ça arrive ; et, c’est mis en application.

Comme nous vous l’avions dit, à part le champ communautaire, chaque membre a aussi son champ individuel. Ici, nous sommes dans le champ de l’un de nos membres, Mr LONGINA Swange. Il est de notre OP. Voici son champ individuel d’arachides. C’est depuis deux mois déjà. Il a semé au début du mois d’août 2021. Il pourra récolter en mi-octobre. Il a emblavé 50 mètres sur 100, à lui seul. De l’autre côté, il y a le champ d’un autre membre. Car, le terrain, tel que vous voyez ici, nous a été confié par la paroisse Notre Dame du Bois de Bominenge, du Diocèse de Budjala.

Chef de Groupement Bominenge : « Avant, nous cultivions vaille que vaille »

Interrogé à son tour sur l’impact produit, Mr Héritier GEMBA, Chef de Groupement Bominenge, a d’abord remercié tous les Partenaires impliqués au projet « Un Monde Sans Faim. « Avant, nous cultivions vaille que vaille. Selon ce qui passait par la tête. Mais, grâce aux techniques que « Un Monde Sans Faim » nous a enseignées, … nous voyons qu’il y a un grand changement. Nous ne dirons pas à 100% ; mais même à 80%.

Mr GEMBA, Chef de Groupement Bominenge
Mr GEMBA, Chef de Groupement Bominenge

« Un Monde Sans Faim » nous a apportés la théorie et la pratique. Nous voyons que les choses se passent bien. La population en est la bénéficiaire. Et la production a sensiblement augmenté, par rapport à nos anciennes pratiques culturales. Ce changement concerne l’agriculture, l’élevage, avec les chèvreries, le poulailler. Nous voyons des améliorations, comment les boucs améliorateurs hérités du projet « PARSA » …, y compris de gros coqs qui fécondent les chèvres et poules locales. Vraiment, nous voyons qu’il y a un bon rendement et l’efficacité », a conclu le Chef de Groupement Bominenge.

Pour rappel, le projet « Un Monde Sans Faim, Sécurité alimentaire dans le Nord-Ouest de la RDC 2018-2022 » a été initié par Caritas Congo Asbl, en concertation avec les acteurs-clés de l’Etat et de la Société civile. Le financement mobilisé pour sa réalisation est de l’ordre de 3,1 millions d’Euros, réunis par le Ministère Allemand pour la Coopération et le Développement (BMZ), via la Caritas Allemagne. Les Caritas-Développement Budjala et Molegbe, avec l’appui de la Coordination du projet basée à Gemena, sont engagées depuis plus de trois ans déjà dans la mise en œuvre dudit projet, respectivement dans les Territoires de Budjala, Gemena, Libenge, Mobayi-Mbongo et la Ville de Zongo.

 Guy-Marin Kamandji

NEWSLETTER
Soyez informé par e-mail
NOUS SUIVRE SUR
© CARITAS 2017
5901212
aujourd'hui
Cette semaine
Mois
Total
491
10262
46805
5901212