25/01/2022
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Goma, le 13 décembre 2021 (caritasdev.cd) : Engagée dans la protection de l’enfant, la Caritas Goma accompagne des enfants vulnérables, des enfants enrôlés et/ou sortis des forces et groupes armés à travers son projet de renforcement du MRM 1612, de prise en charge transitoire, recherche et réunification familiale ainsi que de réinsertion scolaire et socio-économique des ESFGA  et autres enfants affectés par les conflits armés dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale en province du Nord-Kivu, 2021-2022 financé par la Caritas Allemagne.

En RDC, quelques dizaines de milliers d’enfants ont été recrutés, souvent enlevés par force, par les différents groupes armés. Le recrutement des filles dans les différents groupes armés reste peu connu et des enquêtes sont conduites actuellement pour mieux comprendre le nombre et les conditions des filles enlevées et associées comme ‘femmes’ des militaires, souvent soumises à des abus et violences sexuelles. Le recrutement d’enfants a été toutefois banni par l’article 184 de la constitution de la transition.  Il est aussi banni indirectement par le Code Pénal Militaire en tant que violation des consignes, et le recrutement forcé est interdit par le Code du Travail (Art.3).

Après avoir bénéficié d’un encadrement et d’un accompagnement psycho-social au centre de transit  et d’orientation (CTO) de Nyakariba pendant plusieurs mois, une dizaine d’enfants a été réunifiée en réintégrant leurs familles respectives à Mweso, Bukombo, Nyamitaba, Kitshanga,… ceci pour répondre à leur vœux de réinsertion dans la vie sociale et ordinaire.

Ce programme de protection de l’enfant qu’exécute  la Caritas Goma enregistre des avancées significatives car, les enfants qu’elle accompagne et réunifie, bénéficient d’une réinsertion sociale, économique, professionnelle et même scolaire pour ceux qui le veulent.

La Cellule de Communication de la Caritas Goma a procédé à la récolte des données informationnelles auprès des bénéficiaires (enfants), des encadreurs psycho-sociaux ainsi des responsables des structures où les enfants sont accueillies.

Des responsables et encadreurs psycho-sociaux du CTO Nyakariba s’expriment :

Toussaint Balingene, responsable du centre de transit et d’orientation (CTO) Nyakariba trace le bilan de l’année : « Au courant de cette année, nous avons encadré 111 enfants garçons parmi lesquels nous avons réunifié 106 dans leurs familles respectives. La réunification sous-entend le fait de mettre en contact, de ré-unir l’enfant et sa famille. Au CTO, ces enfants ont été sensibilisé et éduqué sur différents thèmes comme : les violences sexuelles basées sur le genre, les droits des enfants,  covid-19, etc.  Après chaque réunification, nous faisons de suivi régulier au domicile ainsi que  les recherches familiales des nouveaux enfants au sein du centre et ceux qui y sortent pour savoir où ils se sont dirigés et savoir s’ils ne vont plus réintégrer les groupes armés. Et donc le CTO est comme un transit qui permet à l’enfant de retrouver sa famille.

La plus grande difficulté à laquelle nous faisons face en encadrant ces enfants est d’abord l’inadaptation. Ils arrivent ici en ayant ce comportement violent et rebelle puisqu’ils faisaient partie d’un groupe armé quelconque. C’est pour cela que nous faisons accompagnement très rapproché (encadreur et enfant) pour pallier à ce comportement nocif et leur apprendre les bonnes manières ainsi que  le savoir vivre.

Par ailleurs, il y a aussi l’insécurité dans notre milieu de réunification. Les enfants sont affrontés aux multiples tracasseries en cours de route. Surtout au cas où l’attestation de sortie n’est pas disponible, l’enfant est tellement insécurisé et menacé de réintegrer les forces et groupes armés. Il y’a aussi la multiplicité des groupes armés comme autre difficulté. Plus il y’a naissance des groupes armés, plus les enfants sont mobilisés dans à y adhérer ».

Ngangiro Jean Baptiste, encadreur psycho-social au CTO Nyakariba : « à part réunir les enfants et leurs familles, nous faisons aussi la réinsertion sociale. Dans ce centre, on s’occupe également de la formation humaine des enfants. Caritas Goma prend en charge leur scolarité. Et ici au centre nous leur apprenons les formes du travail, les 6 violations graves, comment éviter la drogue, l’alcool et ses méfaits, etc.  Pour s’assurer de leur formation, nous faisons la post- réunification (faire un suivi de savoir si la communauté intègre l’enfant sans le traumatiser ; plaider auprès des autorités locales et administratives pour l’acceptation de ces enfants es enfants dont l’âge varie entre 11 et 17 ans.

Cyprien Nyakahirwa, encadreur social : « ici nous accueillons les enfants par différentes manières. Sachant que la loi congolaise interdit aux groupes armés d’initier et/ou enrôler les enfants par force ; il y’a cependant certains enfants qui sortent de ces groupes disant que leurs chefs les ont lâché de gré. Mais aussi, lorsqu’il y’a une guerre entre ces rebelles et l’état, certains enfants s’enfuient et sont orientés par diverses personnes vers le CTO. C’est de cette manière que nous recevons les enfants ici au CTO ».

Bilema Germain : « à part l’alphabétisation des enfants, nous avions prévoyons aussi le divertissement à travers les activités ludiques: dames, football, etc. chaque jour, il est prévu une heure pour que ces enfants se ragaillardissent.

Sango, enfant encadré au CTO Nyakariba déclare: ce centre s’occupe bien de notre formation et nous prépare à une sociale équilibrée. Depuis que je suis sorti des groupes armés, je me sents en sécurité ici. Avant, je vivais péniblement dans la forêt où le groupe armé m’a enrôlé par force. Je devrais piller la fortune des habitants, voler dans les champs des paysans sur l’ordre de notre chef pour vivre. Mais quand j’ai eu le temps de réfléchir sur mon avenir et voyant mes collègues en sécurité et en bonne santé dans les CTO, j’ai décidé de retourner pour bénéficier une rééducation et une réintégration familiale.  Aujourd’hui je suis heureux car j’ai amorcé mes études grâce à l’appui de Caritas Goma.           

Une intégration scolaire

Sabien Bugeze, préfet des études au sein de l’institut Kahe: « nous avons été ravi du fait que la Caritas Goma accompagne ces enfants surtout ceux qui sont vulnérables, ceux qui viennent des groupes armés et ceux qui ont des problèmes très complexes.  Parmi les besoins cruciaux qu’éprouvaient ces enfants, Caritas Goma a répondu au moins à celui de la scolarité qui était même capital. Depuis que nous sommes avec eux, c’est sûr nous constatons certaines anomalies de leur part mais en tant qu’éducateurs, nous les encadrons pédagogiquement en les approchant ; surtout que parmi eux il y’en a qui ont des problèmes psychologiques.

S’agissant de leur niveau intellectuel, certains arrivent à se défendre valablement dans le milieu scolaire comme dans le milieu professionnel et d’autres par contre ont des difficultés puisque les échecs ne manquent pas, mais il y’en a ceux qui réussissent surtout que depuis des années, il y’a ceux qui ont déjà décroché leurs diplômes.

Nous souhaiterions que Caritas Goma puisse affermir l’accompagnement ou une prise en charge psychologique pour ces enfants, surtout qu’ils ont traversé des évènements malheureux là où ils ont vécu. Heureusement avant de nous atteindre, ils ont été suivis par le CTO et chaque fois que nous constatons un comportement qui ne plait pas, nous avons des stratégies appropriées pour eux parce que même si l’enfant peut se me-comporter vis à vis de ses collègues ou vis à vis de ses enseignants, nous recadrons la situation puisque au départ nous savons d’où ils viennent et quelles situations ils ont vécu.

En effet, partant des réunions de parents, les enfants ne sont pas traités de manière particulière. Caritas Goma est venue accompagner les parents dans leur propre devoir. Nous reconnaissons que le premier répondant c’est le parent biologique ; c’est pourquoi, lorsque nous avons besoin des parents nous ne pouvons pas recourir directement à Caritas surtout que nous savons que ces enfants sont en famille.

Cependant il y’a des cas où les enfants sont ouverts à nous. Et nous avons aussi l’habitude de les approcher et les intéresser aussi à s’ouvrir à nous pour que nous puissions les aider d’une manière ou d’une autre, les prodiguer des conseils, les initier à la nouvelle vie.  Pas seulement ces enfants qui sont sortis des groupes armés mais encore d’autres surtout que notre milieu a été beaucoup frappé par les conflits inter ethniques, tant des querelles, des mouvements malheureux,…. Donc la plupart des enfants vivent des stresses et nous essayons toujours de faire de notre mieux pour que ces derniers intègrent les  valeurs morales en cultivant l’esprit de collaboration avec les autres.

 

Avec la  Caritas Développement-Goma.

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