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Nord-Ubangi : pas assez d’aide pour les refugies centrafricains ! PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 09 Novembre 2017 10:21

Une réfugiée centrafricaine vivant seule dans un site improvisé à Gbogbo (60 km de Gbadolite)Gbadolite, le 09 novembre 2017 (caritasdev.cd) : Au regard de l’afflux des réfugiés centrafricains dans la Province du Nord-Ubangi et leurs conditions de vie, les voix se lèvent unanimement pour souligner que l’aide ne leur  suffit pas. C’est ce qui ressort des entretiens qu’une  délégation de la Caritas Congo Asbl a eus du 31 octobre au 04 novembre 2017 avec  différentes parties prenantes dans cette crise (réfugiés, population hôte, acteurs humanitaires),  en marge du suivi du Programme de « Veille Humanitaire », piloté par la Caritas International Belgique (CIbe) dans cette partie Nord-Est de la RD Congo. Click here to read the English version.

 

« Je suis à Yakoma depuis 2013 où  les Congolais nous ont bien  accueillis. Mais, nous avons  du souci pour la santé et pour la nourriture,  surtout pour petits enfants (…). Si le HCR arrivé à créer un camp pour nous  dans ce Territoire, nous irons tous  nous y installer ; puisque, l’assistance et bien d’autres choses y seront alors bien organisées », a indiqué Mr Tshindombi Ibrahim, Représentant des réfugiés centrafricains à Yakoma. Selon lui, les dernières statistiques, avec le HCR et la DGM, donnent un effectif estimé à près de 50.000 réfugiés, depuis la vague de 2013. Ils ne vivent pas au même, endroit. Certains se sont installés dans des villages aux environs de Yakoma. Tshindombi a relevé que les enfants des réfugiés n’étudient pas gratuitement.  Ils paient comme les enfants autochtones alors qu’ils n’en ont pas la possibilité.

 

Quant à la nourriture,  Tshindombi déclaré : « Quand nous sommes arrivés en 2013, nous achetions une bassine de farine de manioc à 1.000 Francs congolais (FC). Aujourd’hui, c’est à 5.000 FC. Le poulet (sur pied) est passé de de 1.500 à 6.000/7.000 FC (…). Manger ici, devient toute une gageure. Voilà pourquoi nous demandons à vous humanitaires, qui travaillez avec le HCR, d’aider aussi bien les réfugiés que les familles d’accueil qui nous ont offert leur hospitalité ». Mr Tshindombi a cité également  le cas de deux réfugiés (un adulte et une fille de 13 ans) décédés récemment faute des soins médicaux. Quant à la protection, selon lui, le conflit  Seleka (majoritairement musulmans) et Anti-Balaka (majoritairement chrétiens) ne se manifeste pas à Yakoma. Il  conclut: « Nous souffrons de l’insuffisance d’encadrement par le HCR et les acteurs humanitaires, tant dans le domaine de l’alimentation, de la santé que de l’éducation des enfants ».

 

 Parlant de la seconde vague, l’Administrateur du Territoire, Jean-Norbert Mpetsi wa Mpetsi, a d’abord relevé: « Ici à Yakoma, nous avons accueilli les réfugiés centrafricains depuis le mois d’avril (Ndlr : 2017). D’avril à ces jours, leur effectif s’est accru progressivement au gré de la détérioration de la situation de l’autre côté du fleuve Oubangi pour atteindre aujourd’hui  20.100 personnes. Les réfugiés  ne vivent que dans des familles-hôtes et ne reçoivent pas  d’assistance du Gouvernement, ni des organismes humanitaires. Nous avons vu HCR une fois remettre  des nattes et des marmites à un petit nombre de ces réfugiés ». Jean-Norbert Mpetsi wa Mpetsi note que certains réfugiés n’ont pas de document d’identification. « Comme ils vivent dans des familles d’accueil, ils souffrent. Parfois, ils viennent  solliciter de l’aide auprès des Autorités politico-administratives, elles-mêmes sans moyens. Nous aurions souhaité les voir tous être casés dans un camp. Cela favoriserait une réponse régulière et systématique  des Organismes humanitaires  et peut-être de l’Etat congolais. Leurs souffrances ne sont connues que des familles d’accueil», a souligné l’Administrateur du Territoire. « Ce dont nous sommes certains est que les denrées alimentaires  se sont raréfiées sur le marché local avec l’arrivée des réfugiés. Et quand c’est disponible, elles coûtent très cher », a-t-il ajouté. « Jusqu’alors, il n’y a pas eu de cas d’incident de sécurité imputables aux  éléments des milices  qui auraient éventuellement  traversé la rivière vers Yakoma », poursuit l’AT.  Il reconnait en outre n’avoir pas reçu aucune instruction de sa hiérarchie  pour ordonner  la gratuité de l’école aux enfants des réfugiés.L'Administrateur du Territoire de Yakoma recevant la délégation de Caritas (Ph. GM Kamandji)

Par ailleurs, redoutant des  conflits de terre entre la population locale et les réfugiés dont le nombre ne cesse de croître, il estime  que l’ouverture d’un camp pour les réfugiés permettrait à l’Autorité publique de s’imposer  pour leur trouver des terres arables.   

 

Le Président territorial de la Croix-Rouge de  Yakoma quant à lui parle de 11.500 réfugiés enregistrés dans ce territoire et qui sont  établis sur plusieurs sites : Limasa, Ndayo, Ngazamba, Cité de Yakoma et des villages environnants. « Ces gens vivent difficilement  du point de vue social, bien que parmi eux il y en a qui ont leurs petits moyens de subsistance. Mais, la réalité est que les plus vulnérables ne sont pas assistés », a martelé Jean-Léon Tosenge Kosaso. « Nous recommandons au Gouvernement de la RDC de leur trouver un lieu en vue  d’une meilleure coordination de l’assistance en leur faveur », a-t-il conclu.

 

Le Coordonnateur de la Société Civile Forces Vives du Territoire de Yakoma, M. Marconi Modeste,  précise d’entrée de jeu que ce territoire a accueilli des milliers des réfugiés centrafricains : « Suite à la guerre qui secoue la République Centrafricaine en face de chez nous, des milliers de personnes ont traversé de ce côté-ci comme. Nous ne sommes séparés d’eux que par la rivière Ubangi. En face, c’est la Commune de Ngbanzinga, village de Bema ». Plus de 26.000 réfugiés sont enregistrés par la Direction Générale de Migration (DGM). Ils  vivent dans des familles d’accueil ».  Mr Marconi Modeste souligne  que les réfugiés parlent la même langue qu’eux et que cela facilite les relations et favorise la solidarité. « Peut-être que les Organismes humanitaires et le Gouvernement congolais ne veulent pas nous assister à cause de cette bonne relation de voisinage. Or, trouver à manger pour eux et pour la population autochtone devient de plus en plus difficile ». Il se souvient de la distribution des Articles Ménagers Essentiels (AME) à un groupe des  réfugiés deux mois après leur arrivée par le HCR  l’ONG AEDESS et la CNR (Commission Nationale pour les Réfugiés). « Mais, la nourriture  manque», déplore-t-il. « A Yakoma, il n’y a pas d’emploi rémunéré autre que l’enseignement. La circulation de l’argent est donc faible. A cause de  cela, tout le monde vit difficilement à Yakoma,  la population autochtone comme les réfugiés et même nous les agents de l’Etat. D’où, notre appel  au Gouvernement congolais et aux organismes humanitaires à venir créer un site de regroupement  de réfugiés qui pourra permettre d’organiser l’assistance aux réfugiés et à la population local. Cela nous permettra sans doute de mieux vivre ici à Yakoma. Ce camp pourrait être implanté par exemple d’ici à 45 km  dans la savane herbeuse », a conclu le Coordonnateur de la Société civile qui dit craindre également, l’exportation à Yakoma du conflit  entre les deux factions rivales centrafricaines et les « Zaragina », des braqueurs centrafricains.

 

 A Kutu-Yomba (à 45 km de Mobayi-Mbongo et 130 Km de Yakoma), le Chef de localité indique avoir accueilli les réfugiés centrafricains depuis six mois. «Dans un premier temps, nous leur avons donné l’autorisation de cueillir gratuitement les feuilles de manioc dans nos champs.  Je leur ai remis des bèches pour aménager de petites toilettes de fortune », a déclaré Mr Gobe Waba Yaoundé. « Le défi ici, c’est la prise en charge sanitaire. Il n’y a pas de médicaments. Ils souffrent. Nous venons d’enterrer dimanche passé un réfugié, à 2 kms de leur site. Il leur manque aussi des vivres, mais également des outils aratoires qu’ils demandent », note le chef de localité. Il se dit prêt à leur accorder un terrain pour cultiver, les humanitaires leur remettaient des outils aratoires. Mais, il plaide aussi pour des Articles Ménagers Essentiels (AME) pour les  réfugiés. «L’aménagement des sources d’eau serait le bienvenu, car eux et nous buvons de l’eau impropre de la rivière qui nous provoque des maladies».


Le Curé de la paroisse St Jean de Yakoma est du même avis : « Depuis mai 2017, la population de Yakoma souffre. Nous sommes en train de vivoter avec cette population. Nous avons saisi la Caritas diocésaine de Molegbe pour demander assistance. J’espère que votre arrivée fera avancer ce dossier. Nous sommes intervenus avec nos petits moyens à l’arrivée des réfugiés mais à présent nos maigres moyens sont épuisés ». L’Abbé José Abakaya souligne l’absence de « prise en charge médicale comme un problème  sérieux» : « il y a dix minutes, un réfugié est venu me demander de l’aide pour son enfant qui devait être opéré à l’hôpital mais je n’ai pas pu l'aider… Nous sommes limités ». Chaque dimanche, sa paroisse reçoit des réfugiés, qui sont  à la recherche de la nourriture. Certains sollicitent deux à trois mille francs congolais (environ 2 $ US) pour payer leur loyer. Le Curé invite le Gouvernement congolais, la communauté nationale et internationale « à ne pas fermer les yeux face à cette situation catastrophique que traversent les réfugiés et la population locale à Yakoma ». Il conclut : « Je continue à prier pour que le Seigneur ouvre encore nos cœurs et nos mains pour donner, car les pauvres sont devant nos maisons en train de pleurer, même si nos moyens sont limités ».

 

Contacté samedi à Kinshasa, Mgr Dominique Bulamatari, Evêque de Molegbe, parle d’une « situation dramatique ». Il signale deux vagues des réfugiés centrafricains, la 1ère en 2013 et celle actuelle depuis quelques mois.  « Une vague assez grande qui fait que dans le Territoire de Yakoma, nous avons pratiquement autant des réfugiés que dans le camp de Inke, aménagé pour la première vague ». Il évoque les interventions de l’Eglise catholique : « Grâce à Caritas Congo et Caritas Allemagne (DCV), nous sommes à côté de ces réfugiés. Nous essayons dans la mesure du possible de leur venir en aide.  Nous avons déjà bénéficié de trois projets en leur faveur de la part de la DCV, dans tous les quatre camps créés pour accueillir ces réfugiés. Nous leur avons apporté des habits, des assiettes et pour le moment nous sommes passés à une aide qui pourrait les autonomiser : produire eux-mêmes ce dont ils ont besoin pour se nourrir ». Et de lancer un SOS : «Si la situation continue, nous risquons d’avoir des affrontements entre les réfugiés et les autochtones parce qu’on sera dépassé. Je profite de cette occasion pour lancer un appel à tous les partenaires, en commençant par le HCR, ‘s’il vous plait, s’il y a moyen, il faut créer un 5ème camp pour rassembler et mieux contrôler tous les réfugiés centrafricains arrivés dans la seconde vague, surtout dans le Territoire de Yakoma’ ».

 

La délégation de la Caritas avait été reçue mardi 31 octobre 2017 par le Gouverneur a.i. du Nord-Ubangi et le Chef de Sous-Délégation du HCR à Gdabolite. La situation des réfugiés centrafricains a été au centre de leur entretien. La délégation était composée du Chargé de Communication de Caritas Congo Asbl, du Chargé de projet « Veille Humanitaire » de la Caritas Provinciale de Mbandaka, de la Directrice de la Caritas diocésaine de Molegbe et du Chargé de gestion de Catastrophe de la Croix Rouge du Nord-Ubangi. La Directrice des Urgences de Caritas Molegbe et l Chargé de Projet de Veille Humanitaire de la CPEM autour d'une veuve réfugiée centrafricaine (Ph. GM Kamandji)

 

Pour mémoire, Caritas Congo Asbl est l’organe technique chargé de la pastorale sociale de l’Eglise catholique en RDC. Créée en 1960, elle est chargée de la promotion intégrale de l’homme (réponse aux urgences, promotion de la santé et du développement). Son Secrétariat Exécutif est au service de 47 Bureaux de Caritas-Développement Diocésaines. Il a notamment comme rôles la Coordination des Caritas diocésaines, leur représentation, le renforcement de leurs capacités, le plaidoyer en faveur des populations de leur ressort ainsi que la mobilisation des ressources et la promotion d’un partenariat responsable, à la lumière de l’enseignement social de l’Eglise.

 

Caritas Congo Asbl[1]


[1] . Pour toutes informations supplémentaires, veuillez contacter :

  • Guy-Marin KAMANDJI, Chargé de Communication, Tél. +243 998 45 60 39, Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ,
  • Plus d’infos sur notre site web : www.caritasdev.cd; Facebook.com/pages/Caritas-Congo-Asbl; Twitter : @CaritasCongo  
 
 
 
 
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