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RDC : La Sœur Françoise ANYAMUSOKO donne des nouvelles du Bureau Caritas Diocésain de Wamba et stigmatise une situation sécuritaire déplorable dans l’Ituri PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 07 Octobre 2016 10:47

L’Evêque de Wamba, Mgr Janvier KATAKA,  s’implique chaque fois dans le travail que mène le Bureau Diocésain CaritasKinshasa, le 07 octobre 2016 (caritasdev.cd) : Dans une interview accordée dernièrement à Kinshasa à caritasdev.cd, la Sœur Françoise ANYAMUSOKO livre des informations sur le Bureau Caritas Diocésain de Wamba. Ces informations portent sur le fonctionnement dudit Bureau, sur les activités qu’il mène, sur ses difficultés et ses rapports avec le Service des Urgences (SPSP) de la Caritas Congo Asbl. Dans cette interview (à lire ci-dessous in extenso et qui a eu lieu le 9 septembre 2016) la religieuse, qui est la Directrice du Bureau Diocésain Caritas Wamba, stigmatise la situation humanitaire et sécuritaire déplorable qui prévaut dans l’Ituri, rapporte caritasdev.cd

(Q ) :Quelles sont les activités qu’est entrain de mener en 2016 le Bureau Diocésain Caritas Wamba ?

Réponse (R ) : Pour le Bureau Diocésain Caritas Wamba, communément  aussi appelé  Bureau Solidarité et Partage, nous menons deux grandes activités pour cette année 2016. Celles-ci  portent l’une sur le secteur de l’éducation avec le projet d’extension à l’appui à la scolarisation des enfants et adolescents en dehors de l’école (EADE) et l’autre sur le programme humanitaire.

Q : Peut-on savoir pour chacune de ces activités le lieu où elle est menée, sa durée, le nom de son bailleur, les bénéficiaires et leur  nombre ?

R : Pour le premier projet, le lieu de son exécution est le Territoire de Wamba qui se situe dans la nouvelle province du Haut – Uélé. Quant à sa durée,  elle est de quatre ans en terme d’année scolaire. Ce projet s’exécute dans 11  diocèses, dont le nôtre (Wamba). Il a débuté en l’année 2013-2014. Nous sommes à sa dernière année qui prend fin en juillet 2017. Le projet est financé par le Gouvernement Qatar en partenariat avec la Caritas Congo Asbl. Le Bureau Diocésain Caritas Wamba est l’organe d’exécution du projet. Les bénéficiaires de ce projet  sont des EADE ou Enfants et  Adolescents en Dehors de l’Ecole. Nous scolarisons 1.000 EADE par an dans les 34 écoles primaires ciblées par le projet pour 50 % garçons et 50 % filles. La deuxième activité, par rapport au programme humanitaire, est menée dans le diocèse de  Wamba, qui s’étend sur trois Territoires situées dans les trois nouvelles provinces issues du démembrement de la Province Orientale, à savoir le Haut –Uélé (Territoire de Wamba), la Tshopo (Territoire de Bafwasende) et l’Ituri (Territoire de Mambasa). Pour le programme  humanitaire (avec projet HPP 2016, projet GOAC et  projet Back Irlandaise), les activités sont menées dans le secteur WASH et dans le secteur sécurité alimentaire. Pour  la durée, le projet HPP 2016 va de juillet 2016 à février 2017 ( huit mois). Le projet GOAC et le projet Back Irlandaise ont une durée allant d’avril 2016 à février 2017 (douze mois). Trocaire est le bailleur de ces trois projets. Les bénéficiaires du  projet HPP 2016 sont les déplacés et les familles dans les huit communautés ciblées par le projet dans le Territoire de Mambassa. Le  projet GOAC et le projet Back Irlandaise ont comme bénéficiaires les mêmes  qui ont été susmentionnés.  Le projet HPP 2016 assiste en tout 300 ménages pour les non-vivres ou articles ménagers essentiels,  300 ménages pour les vivres et 180 personnes pour ce que l’on appelle  « le travail  contre l’argent » (cash for work). Le Bureau Diocésain Caritas Wamba va construire 40 latrines dans le cadre du projet HPP 2016.  Il sensibilise, dans le cadre du même projet, sur Eau, hygiène et assainissement.  Dans le cadre du projet GOAC, le Bureau Diocésain Caritas Wamba construira 17 sources d’eau dont les bénéficiaires sont 3.400 ménages.

Pour le compte du projet Back Irlandaise, le Bureau Diocésain Caritas Wamba va construire 10   sources (pour   1.407 ménages comme bénéficiaires). La sensibilisation sur Eau, hygiène et assainissement est aussi assurée ici.

Q : Quelles ont été en bref les activités qu’a menées en 2015 le Bureau Caritas Diocésain Wamba ?

R : Par rapport à EADE, les activités suivantes ont été menées : payement des frais scolaires de 1.000 EADE, distribution des kits à ceux-ci, distribution des manuels aux écoles où ils étudient, organisation de trois formations au profit des enseignants sur le nouveau programme national, au profit du comité de parents et de gestion (54 participants) sur la bonne gouvernance en milieu scolaire, et au profit   du même comité et d’autres personnes sur les droits et protection de l’enfant. Le Bureau Diocésain Caritas Wamba a également sensibilisé sur les droits et protection des enfants dans les écoles où étudient les EADE et dans d’autres. En Ituri, nous avons travaillé pour le Projet Intégré de résilience communautaire et genre équitable en Territoire de Mambassa,  Province de l’Ituri, RD Congo. Notre Bureau a construit dans ce cadre 17 sources d’eau pour huit communautés dans  4 Zones de santé (Mandima, Lolua, Niania et Mambasa). Ces communautés sont  : Some, Butama, Mambau, Mania, Makoko, Ekwe, Kilimamweza et Banana. Cette activité a été suivie de  la sensibilisation en Eau, hygiène et assainissement dans les 4 Zones de santé susmentionnées à travers les relais communautaires.

Q : Quelles sont les La scolarisation de l’enfant qui est dans le diocèse de Wamba constitue un des domaines où s’engage le Bureau Diocésain Caritas du lieuleçons qu’ont données au Bureau Caritas Diocésain Wamba ces activités lors de leur   exécution en 2015 et en 2016 ?

R : La plus importante est celle du   renforcement des capacités  du staff et la remise à niveau des enseignants, du comité des parents et sur le plan  de gestion. Il y aussi à noter celle de l’importance de « réveiller » les parents face à leurs responsabilités.  Par rapport    à Eau, hygiène et assainissement,  la construction des sources et la sensibilisation ont réduit  le nombre des maladies d’origine hydrique. La collaboration de toutes les parties prenantes a assuré la bonne exécution du projet.

Q : Quelles sont les difficultés auxquels  fait face habituellement le Bureau Diocésain Caritas Wamba par rapport aux projets exécutés ?

R : Signalons l’insuffisance des moyens financiers qui a  découragé les descentes des animateurs par rapport par exemple au projet EADE. Suite au problème lié au budget,  le chronogramme du projet EADE n’a pas été respecté. Il a y aussi comme difficulté le fait que les outils de gestion, surtout les fiches de suivi  des EADE, ne nous sont jamais rendus disponibles.  Certains parents semblent être démissionnaires  attendant que le projet donne tout à leurs enfants. Le Bureau Diocésain Caritas Wamba éprouve la difficulté de  couvrir tous les besoins de la population à assister. 

Q : Comment se présente en 2016 le Bureau Caritas Diocésain Wamba en termes des agents y travaillant ?

R : On compte d’abord une Directrice, la Sœur Françoise ANYAMUSOKO (des Petites Sœurs de l’Evangélisation), trois Chargés de projet (Augustin NEMASI, Gérard et  Emmanuel IFUNGULA) et trois animateurs qui sont :  Jean-Baptiste MABENZA, Madeleine MATESO et Emmanuel AKWAKANAKEA. La logistique, la caisse et les finances sont aussi à notre service dans la structure intégrée de la Caritas-Développement Wamba.

Quelle est la situation sécuritaire  du terrain où travaille le Bureau Caritas Diocésain de Wamba dans le diocèse ?

R : La situation sécuritaire  diffère d’un Territoire à un autre. Dans la nouvelle province de l'Ituri et dans le Territoire de Mambasa en particulier elle est très volatile. La présence des groupes maï-maï, particulièrement dans les zones de la Réserve de Faune à Okapis (RFO) et dans la région de Bakaiko, reste une source d’insécurité permanente pour la population de ce Territoire. De temps à autre, on assiste à des affrontements continus entre ces groupes maï-maï et l’armée régulière (Fardc) avec comme conséquences de graves exactions contre la population et de déplacements massifs des personnes d’une région à une autre.  Ces violations sont perpétrées non seulement par les groupes armés, mais également par les acteurs de sécurité  sensés protéger cette même population (FARDC avec plus ou moins 6.000 hommes à  Mambasa, gardes du parc, policiers…).

Dans ce contexte d’insécurité quasi permanente, la population de Mambasa est exposée à des violations graves des droits humains. Ces violations sont perpétrées aussi bien en temps de guerre qu’en temps normal  non seulement par les groupes armés et des délinquants mais aussi par les acteurs de sécurité à travers le Territoire. Malheureusement, ces abus fréquents ont pris l’allure d’une culture normale à cause de l’impunité qui prévaut dans cette partie de l’Ituri.

Parmi les violations qui sont récurrentes, figurent les cas des violences sexuelles et des violences basées sur le genre (SGBV). Elles sont favorisées par le contexte de conflit et post-conflit de ce Territoire, par l’impunité qui y prévaut et par la mentalité des autochtones qui réduit la femme à un objet de procréation et de jouissance.

Bref, les violences sexuelles dans le Territoire de Mambasa sont un véritable fléau. Selon un rapport des Nations Unies, la Province Orientale démembrée  affiche le deuxième taux le plus élevé d’incidents de violences sexuelles (VS) en RD. Congo, après le Nord-Kivu. Actuellement, la plupart des incidents de violences sexuelles sont réglés de façon informelle en trouvant des accords de réparation au niveau de la communauté (arrangement à l’amiable). Ces accords souvent ne sont pas bénéfiques pour les survivants et peuvent même conduire à un nouveau traumatisme.  Les arrangements à l’amiable ne font qu’encourager de telles pratiques qui sont pourtant réprimées aussi bien par la législation congolaise que par la législation internationale.

Le  Bureau Diocésain Caritas Wamba est toujours prêt pour secourir les vulnérables qui vivent dans le diocèse de Wamba

La situation  de l’insécurité qui prévaut dans le village de Selesele date de plus d’une décennie. La population est toujours en insécurité. Le village de Selesele est situé à 28 km de Wamba centre où la situation est calme. Ledit village prend une  partie du  Territoire de Wamba et du  Nord-est de la Reserve à OKAPI (RFO) non contrôlée par ce dernier. Depuis plus d’une décennie, ce village,  situé en  grande partie dans la forêt, héberge beaucoup de braconniers non identifiés qui viennent de différents coins de la RD.Congo entre autre de l’Equateur et de l’ex-Province Orientale.

La présence de ces braconniers dans la forêt sème la terreur, créé l’insécurité et empêche la population de vaquer à ses activités quotidiennes. Les braconniers exploitent  abusivement  la forêt et comme ils n’ont rien  à manger, ils gagnent les villages environnants pour voler les produits des champs, le petit bétail, la volaille. Ils violent les femmes et emportent de force celles-ci et  les hommes qui deviennent leurs porteurs.

Q : Que dites-vous des relations qui existent entre le Bureau Caritas Diocésain Wamba et le SPSP de la Caritas Congo Asbl ?

R : Nous sommes reconnaissant au SPSP/Caritas Congo Asbl. Le SPSP/Caritas Congo Asbl a envoyé plusieurs projets au Bureau Diocésain Caritas. Ceci montre que  Caritas Congo Asbl suit de près tout ce qui se passe chez nous.

Q : Voulez-vous dire un mot sur l’atelier auquel vous  avez pris part récemment à Kinshasa ?

R : Nous venons de participer à un atelier sur la capitalisation de la phase pilote de renforcement des capacités des structures nationales en « veille et réponse rapide humanitaire », atelier organisé par l’Unicef. L’expérience de la province de l’Ituri et de celle de l’ex-Equateur nous a permis de réaliser l’importante du renforcement des capacités en tant qu’humanitaire pour être beaucoup plus proactif et efficace dans ce domaine de la veille. Nous terminons en remercier la Caritas Congo Asbl pour la collaboration dans les interventions dans le grand réseau Caritas dans le pays.


Propos recueillis par JOSEPH KIALA

 
 
 
 
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