07/07/2020
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Kinshasa, le 24 mai 2020 (caritasdev.cd) : « Changeons nos attitudes face à l’environnement dans lequel nous vivons et pour la protection de la terre, notre maison commune ». C’est la recommandation du Secrétaire Exécutif de Caritas Congo Asbl, Mr Boniface Nakwagelewi ata Deagbo, lors de la messe dite jeudi 21 mai 2020 dans la chapelle du centre d’accueil Caritas à Kinshasa-Gombe. Elle a été dite par l’Abbé Zéphyrin Ligopi, Secrétaire de la Commission Episcopale de l’Apostolat des Laïcs. Cette célébration eucharistique s’inscrit dans le cadre des activités prévues par le Réseau Caritas Internationalis à l’occasion du 5ème anniversaire de l’Encyclique « LAUDATO SI » du Pape François.

«  C’est avec joie que nous célébrons, en dépit du confinement, le 5ème anniversaire de la 1ère lettre encyclique sociale de sa Sainteté le Pape François, à savoir Laudato Si (Loué sois-tu Seigneur), sur la sauvegarde de la maison commune. C’est le thème de l’écologie ou de la protection de l’environnement qui est abordé », a indiqué l’Abbé Zéphyrin Ligopi, en introduction de son homélie.

Laudato Si
Laudato Si

Il a proposé une méditation des lectures du jour et de Laudato Si (LS) suivant un itinéraire « voir-juger-agir ». Dans l’Evangile, Jésus-Christ parle de deux groupes de personnes : le premier est celui des disciples qui pleurent et se lamentent ; le second, c’est le monde qui se réjouit de la peine du 1er groupe.

Des faits qui font pleurer l’environnement

  Dans LS, le Saint Père fait le même constat, notamment à l’introduction et au premier chapitre. Que constate le Pape ? Notre maison commune, la planète terre pleure à cause de son exploitation cruelle et immodérée. Le Pape note clairement des faits qui font pleurer l’environnement : la pollution de l’air, la culture des déchets et des ordures, le changement climatique, la crise de l’eau, les inégalités planétaires qui augmentent, a relevé l’officiant. Mais, le pape dénonce aussi la souffrance et la clameur des pauvres, car l’exploitation abusive de leur environnement a des conséquences néfastes sur leur vie et leur écosystème : chaleur excessive, sécheresse des cours d’eau, disparition des certaines espèces animales, etc.

« Le Pape ajoute que la terre et les pauvres pleurent dans un contexte d’irresponsabilité, d’indifférence et même de « joie » de ceux qui les exploitent. Les pleurs de la terre et des pauvres sont comparables aux douleurs des disciples du Christ et des ouvriers de l’Evangile », a poursuivi le prêtre.

A travers la méditation sur le récit de la création, chapitre 2, le Pape montre que la racine de la crise écologique est le refus de Dieu, le refus de considérer la création comme un don de Dieu. Se prenant pour le nombril du monde, l’homme d’aujourd’hui se met au-dessus de tout et s’attribue un pouvoir sans limites, explique le prêtre, citant le Pape François. C’est cette attitude d’orgueil qui fait que l’homme exploite abusivement la terre et exploite en même temps les autres, surtout les pauvres.

Le Pape propose une écologie intégrale comme remède

Après avoir indiqué l’origine humaine de la crise écologique (Chapitre 3 de LS), le pape François propose une solution (chapitre 4): une écologie intégrale. Pour lui, on ne peut pas résoudre la crise écologique en se concentrant sur un seul aspect, par exemple les finances. Car, l’environnement est une affaire des relations qui engagent notre responsabilité pour que vive durablement un monde de solidarité. L’écologie a des dimensions certes environnementales, mais aussi économiques, sociales, culturelles.  

Au chapitre 5, le pape dégage quelques lignes d’orientation et d’action. Il interpelle tous les acteurs de la communauté humaine en leur proposant de repenser l’organisation de nos sociétés et d’oser entreprendre un changement en profondeur. Pour y parvenir, un dialogue généralisé est indispensable.

7 attitudes pour vivre une conversion écologique

Au chapitre 6, le Pape énumère les actions concrètes à mener, même les plus humbles et les plus banales. Il appelle généralement à la conversion écologique. Il en relève sept : (1) gratitude et gratuité, et donc générosité ; (2) sens de la connexion ; (3) créativité et enthousiasme ; (4) sobriété ; (5) humilité ; (6) paix ; (7) présence aux personnes et aux choses.

En guise de conclusion, « en ce 5ème anniversaire de Laudato Si, optons pour un engagement renouvelé pour entendre la clameur de la terre et la clameur des pauvres, et osons des actions concrètes avec des motivations nouvelles pour le changement non seulement de l’environnement, mais aussi de nos modes de vie », a  recommandé l’Abbé Ligopi.

Abbé Zéphyrin Ligopi
Abbé Zéphyrin Ligopi, l'Officiant du jour

  

Il a fait savoir en outre que LS cite beaucoup de Saints comme modèles de protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale : Saint François, plusieurs fois cité ; Saint Benoît ; Sainte Thérèse de Lisieux et le Bienheureux Charles de Foucauld.

Nous convertir en urgence face à la destruction de la terre

Intervenant à la fin de cette messe, Mr Boniface Nakwagelewi ata Deagbo a relevé avec tristesse que les mesures de prévention sanitaire exigées par la maladie à Coronavirus 2019 ont empêché à la Caritas Congo Asbl d’organiser des conférences et journées de réflexion à son siège, ainsi qu’à l’Institut Facultaire de Développement (IFAD) de l’Archidiocèse de Kinshasa où il y a un Département de l’Environnement, ou à l’Université Catholique du Congo (UCC). Des pièces de théâtres étaient également prévues.

« Si on n’est pas en mesure d’organiser toutes ces activités, nous nous sommes dit qu’il fallait ne fut-ce qu’une célébration eucharistique, en tant que chrétiens », a-t-il indiqué, en remerciant l’Abbé Zéphyrin Ligopi et son concélébrant, l’Abbé Eric Abedilembe et la petite assemblée présente. Sans revenir sur la présentation de l’encyclique, bien faite par l’Officiant, Mr Deagbo a souligné que :         « dans cette encyclique, le Pape nous invite, en urgence, à nous convertir face à la destruction de la terre, notre mère nourricière. Puisque c’est de la terre que nous tirons la nourriture, l’eau et tout ce qui nous aide à vivre. C’est notre mère, notre maison et notre habitat. Pourquoi devons-nous encore détruire cette maison commune ? », s’est-il interrogé.

Guy-Marin Kamandji

 

 

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