30/05/2020
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Kinshasa, le 10 mars 2020 – (caritasdev.cd) - : Dans une interview accordée à caritasdev.cd ce samedi 7 mars 2020 à Kinshasa, en RD. Congo, Mgr Toussaint Iluku Bolumbu, Evêque du diocèse de Bokungu-Ikela, situé dans la partie Centre du pays, a annoncé la convocation au cours de cette année en cours d’une assemblée générale des forces vives, délégués des paroisses et de l’élite extérieure au diocèse. Cette assemblée générale va examiner les forces et les faiblesses dudit diocèse, afin de dégager un plan d’action stratégique pour les cinq prochaines années. Lors de cette interview, à lire in extenso ci-dessous le texte, le nouvel Evêque de Bokungu-Ikela a abordé divers sujets, dont ses priorités apostoliques pour les 5 prochaines années, la Caritas Bokungu-Ikela, la Caritas Congo Asbl, le Fonds de solidarité au niveau diocésain et la Journée Caritas, rapporte caritasdev.cd

Question (Q) : Comment le diocèse de Bokungu-Ikela dont vous êtes depuis un certain temps l’Evêque se porte-il ?      

Réponse (R) : Au diocèse de Bokungu-Ikela, dans l’ensemble, tout est calme. Et chacun vaque à ses occupations dans ces lieux qui constituent ce que l’on appelle habituellement le Congo profond, l’arrière-pays.

Q : Quelles sont les nouvelles que vous donnez de la population à Bokungu-Ikela, en tenant compte du social et de la politique ?

R : La population  est essentiellement rurale et elle se débrouille tant bien que mal à lutter pour sa survie. Je parle de survie, car les conditions de vie sont extrêmement difficiles à cause de l’enclavement d’une grande partie du territoire de ce diocèse. Le réseau routier se trouve dans un état de délabrement très avancé et les routes de desserte agricole d’autrefois ont toutes disparu. Le social de ces Congolais est marqué par une grande précarité surtout matérielle. Du point de vue politique, nous pouvons constater une sorte de léthargie au niveau de ceux qui nous gouvernent dans ces deux territoires. Nous n’avons vraiment pas l’impression que le politique et l’administratif s’impliquent dans des actions capables de relever tant soit peu le niveau de vie de cette population. Beaucoup de politiciens se disent dépourvus actuellement, car leurs salaires ne sont plus payés depuis des mois. Il n’y a à proprement parler pas de plans de développement pour ces populations.

Q : Que dites-vous, Monseigneur, s’agissant du secteur de l’enseignement dans votre diocèse ?

R : Pour ce qui est de l’enseignement, les parents d’élèves se trouvent comme soulagés par la gratuité décidée par le Gouvernement et elle est d’application partout. Et l’on sent un effort de régularisation de nouvelles unités qui jusque-là n’étaient ni mécanisées ni payées. Beaucoup de nos écoles ont finalement obtenu des arrêtés ministériels que certaines attendent depuis des lustres. Il manque cependant des cadres supérieurs formés pour relever le niveau de l’enseignement de base et des élèves. Les infrastructures scolaires sont dans l’ensemble délabrées et sous-équipées.

Q : Que peut-on savoir sur la Caritas Bokungu-Ikela ?

R : La Caritas Bokungu-Ikela se relance après quelques années de léthargie due à la maladie de l’ancienne Coordinatrice. La nouvelle équipe est motivée et elle s’est engagée avec détermination à relever les multiples défis de cette organisation importante dans la vie de nos Eglises.

Q : Quels sont vos souhaits s’agissant de la Caritas Bokungu-Ikela ?

R : Tout en reconnaissant tous les efforts que la Caritas Bokungu-Ikela entreprend pour régulariser la vie de l’organisation, je souhaite que l’équipe s’engage résolument dans  la sensibilisation de nos fidèles chrétiens, de tout homme et de toute femme de bonne volonté aux objectifs principaux et fondamentaux de Caritas, dans la recherche et la mobilisation des ressources locales, les contacts avec les partenaires extérieurs, la bonne planification des activités et la formation du personnel chargée de gérer la boîte. Nous saluons l’arrivée du nouveau Médecin-directeur qui a accepté de quitter la grande ville de Mbandaka pour nous rejoindre dans la campagne et faire partie de l’équipe de gestion de Caritas Boike, comme on appelle en abrégé la Caritas Bokungu-Ikela.

Q : Ajoutez-vous quelque chose d’autre sur la Caritas de votre diocèse ?

R : En tant que nouvel Evêque du diocèse de Bokungu-Ikela, je souhaite à notre Caritas diocésaine plein succès dans toutes ses activités et je lui demande de mettre le pauvre et le démuni au centre de ses préoccupations et de ses objectifs. Outre le développement de la maison, cette structure devra se réaliser en prenant comme modèle de vie celui du Christ qui s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté. Je demande aussi à notre Caritas de soulager tant soit peu la misère de cette population et ceci doit et devra être prioritaire.

Q : Le Fonds de solidarité existe-t-il dans le diocèse de Bokungu-Ikela ?

R : A ce jour, je n’en ai pas entendu parler. Peut-être qu’il a existé dans le passé. Je ne peux en dire plus. Nous devons cependant travailler pour le constituer, car ce serait anormal qu’une organisation caritative ne puisse pas disposer d’un tel fonds qui devrait lui permettre d’intervenir là où les besoins sont pressants. Et Dieu seul sait combien il y en a partout dans ces territoires.

Q : Venons-en à l’organisation de la Journée Caritas dans votre diocèse. Que dites-vous à ce sujet ?

R : Je n’ai pas non plus entendu parler de cette Journée. Je fais remarquer que le diocèse de Bokungu-Ikela n’avait plus d’Evêque depuis 2016, car l’Ordinaire de l’époque, l’actuel Cardinal et Archevêque métropolitain de Kinshasa, fut transféré au siège métropolitain de Mbandaka-Bikoro. Et l’Administrateur apostolique venait de Kole pour aider Bokungu-Ikela. Il a fait ce qu’il pouvait en s’occupant de deux grands diocèses tous situés en pleine forêt équatoriale. Et la nouvelle équipe a été installée il n’y a pas si longtemps. Nous envisageons de célébrer cette Journée Caritas au niveau de deux régions pastorales : Bokungu et Ikela pour cette année. Nous allons l’étendre l’an prochain à la troisième région pastorale, celle de Bokela.

Q : Quelles sont vos priorités apostoliques ?

R : Mes priorités apostoliques pour les 5 prochaines années sont constituées autour de quatre axes majeurs : l’Evangélisation-la Pastorale, la formation du personnel et le renouvellement des infrastructures scolaires, la santé des populations et l’auto-financement par la mise en place des structures qui nous permettront de relancer des activités génératrices de revenus pour soutenir notre pastorale. Nous comptons aussi sur l’appui des organisations caritatives et sociales pour nous soutenir dans ces efforts de relance et particulièrement dans le domaine agro-pastoral. Nous avons beaucoup de potentialités agricoles avec une grande forêt, des cours d’eaux et paradoxalement la population souffre à certains endroits de malnutrition qui touche en premier lieu les enfants. Ce qui est écœurant et incompréhensible. Avec l’appui technique et l’accompagnement de différentes organisations, le défi de la lutte contre la pauvreté pourra être peu à peu relevé.

Q : Parlons de votre diocèse. Que doit-on savoir à son sujet ?

R : Le diocèse de Bokungu-Ikela s’étend sur une superficie de 42.000 km et il est un diocèse suffragant de l'Archidiocèse de Mbandaka-Bikoro. Le siège de l'évêché est situé dans la ville de Bokungu. Le diocèse fut créé le 11 septembre 1961 à Ikela et confié aux Missionnaires du Sacré-Cœur (MSC) de la Province de l’Allemagne du Sud-Autriche. Le premier Evêque, Monseigneur Joseph Weigl, était un Allemand de la Bavière et membre de cette congrégation. Et je suis un des membres de cette congrégation dite Missionnaires du Sacré-Cœur.

 

Q : Voulez-vous ajouter des éléments sur le diocèse de Bokungu-Ikela ?

R : Le 16 juin 1967, après la rébellion de 1964 où le diocèse a connu d’énormes dégâts dus aux attaques et pillages des missions par des rébellions successives dans le pays, le centre du diocèse fut transféré d’Ikela à Bokungu, deux territoires de la nouvelle Province de la Tshuapa.

Faute de données fiables de la part de l’administration publique qui n’a plus organisé depuis des lustres des recensements sérieux et complets de l’ensemble de la population nationale, les archives parlent d’une population catholique avoisinant plus de 200.000 fidèles, soit 30 % de la population estimée à près de 600.000 âmes.

Q : Quelles sont les autres informations que nous pouvons avoir de votre part sur le diocèse de Bokungu-Ikela ?

R : Le diocèse de Bokungu-Ikela compte 15 paroisses et 24 prêtres diocésains et un diacre, 4 prêtres religieux, 29 sœurs diocésaines, 5 frères diocésains, 1 religieux diacre et 5 religieuses missionnaires. On y trouve aussi 1 prêtre Fidei donum de l’Archidiocèse de Munich en Allemagne.

Q : Quelles sont les œuvres sociales du diocèse de Bokungu-Ikela ?

R : Comme œuvres sociales nous gérons essentiellement plusieurs écoles et deux internats pour filles placés sous la supervision de la Coordination catholique. Et depuis quelques semaines, le diocèse dispose d’une nouvelle Coordination située dans la Région pastorale d’Ikela et une conseillèrie résidente à Yalifafu dans la Région pastorale de Bokela. Beaucoup de centres de santé sont pilotés par le Bureau diocésain des Oeuvres Médicales (en sigle  BDOM) ; quelques boutiques et des organisations s’occupent des droits de l’Homme, de Justice et Paix et bien d’autres qui promeuvent la dignité de la personne humaine.

Q : Est-ce qu’une radio diocésaine existe à Bokungu-Ikela ?

R : Nous n’avons pas encore une radio catholique. Mais nous pensons dans les années à venir en créer une pour notre diocèse.

Q : Pour terminer, que dites-vous, Son Excellence ?

R : Nous disons d’abord un grand merci à l’Archidiocèse de Salzburg et aux Missionnaires du Sacré- Cœur de la province d’Allemagne du Sud-Autriche et de Belgique pour leur soutien multiforme au diocèse de Bokungu-Ikela. Nous adressons ensuite sincèrement nos remerciements à notre partenaire Caritas Congo Asbl, qui s’est beaucoup souciée du développement de Caritas Bokungu-Ikela et qui est souvent intervenue pour la soutenir dans les efforts de formation du personnel, l’encadrement et quelques appuis techniques. Nous invitons des hommes et femmes de bonne volonté à nous soutenir pour la relance des activités dans ce diocèse.

 

Propos recueillis par JOSEPH KIALA

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