20/08/2019
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« Où est l’amour ? ». C’est la question posée par le jeune orphelin Oliver Twist dans le musical « Oliver » de 1960, quand il s’est senti seul et abandonné. C’est une chanson qui  m’a beaucoup touché quand j’étais petit garçon. C’est une question très humaine que beaucoup d’entre nous se posent lorsque la vie devient dure, ou lorsque nous constatons des injustices dans notre propre vie ou dans celle des autres.

Ce fut aussi la question posée par le Christ sur la croix lorsqu’il a crié : « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Où était l’amour lorsque Jésus a été trahi, abandonné par ses amis et crucifié comme un criminel ?

Il arrive que nous nous trouvions nous-mêmes dans l’obscurité, comme Jésus sur la croix, et nos existences  peuvent nous sembler privées d’amour. Parfois, lorsque l’injustice sème la terreur et les despotes règnent en maîtres, il peut sembler que le monde entier se trouve dans un gouffre sombre. Mais si nous regardons de plus près les gens et les situations, c’est là que nous voyons apparaître l’amour.

Dans le cheminement de Jésus – son Calvaire – vers la croix et au-delà, au milieu de la marée de haine qui l’entoure, il y a des moments d‘amour intense : les femmes et Jean, qui ont le courage de rester au pied de la croix alors que tout le monde l’a abandonné ; le bon voleur, qui brise le stéréotype du malfaiteur sans repentance et demande à Jésus de se souvenir de lui lorsqu’il viendra comme Roi ; Joseph d’Arimathée, qui surmonte sa peur d’être pris pour un disciple du Christ et demande à Pilate la permission d’emporter son corps; Nicodème, qui vient généreusement apporter de grandes quantités de myrrhe et d’aloès pour embaumer le corps du Christ ; les femmes qui se rendent au tombeau le troisième jour pour prendre soin du corps, sans avoir la moindre idée de comment enlever le pierre bloquant l’entrée ; et même Pilate, qui voit l’injustice de la situation et veut relâcher Jésus.

Ce que toutes ces actions ont en commun, c’est qu’elles peuvent sembler presque insignifiantes, notamment si on les compare à la violence de la crucifixion et à tout ce qui l’avait précédée. Quelle différence peut faire un seul acte de bonté face à l’acharnement du mal ?

La réponse est qu’il peut faire toute la différence dans le monde, d’une manière qu’on ne peut même pas imaginer, car tous ces petits gestes de bonté et d’amour sont couronnés par le don total de l’AMOUR du Christ crucifié sur la croix.

Depuis les temps du Christ, qui a pris soin des pauvres, guéri les malades et accueilli les laissés-pour-compte, notre foi s’est bâtie sur des rencontres et sur ceux qui s’abandonnent tout entiers pour avoir une compréhension en profondeur des personnes et de leurs situations.

En tant que chrétiens nous sommes appelés à rencontrer les autres et à marcher avec eux, humblement, sans les juger et sans penser que nous avons la réponse à tous leurs problèmes. C’est à travers ces rencontres que nos cœurs peuvent s’ouvrir vers de nouveaux horizons, et recevoir une énergie renouvelée pour aller de l’avant. C’est à travers ces rencontres que l’Esprit transforme le cœur des communautés et qu’ensemble nous construisons le Royaume de Dieu.

La transformation se fait lentement et n’est souvent pas visible à l’œil nu. Tout le long de l’année dernière, Caritas a planté des milliers d’actions d’amour à travers le monde avec sa campagne « Partager le chemin ». Ces actions apparemment insignifiantes vont pousser, telles la graine de moutarde, et leur portée dépassera de loin notre temps de séjour sur la terre.

Nous avons encouragé nos communautés à aller vers les migrants et les réfugiés, à partager un repas avec eux, et à présent nous leur demandons de marcher 1 million de kilomètres à travers le monde avec les migrants et les réfugiés.

Des communautés en Syrie, au Chili, au Burkina-Faso, en Nouvelle-Zélande, en Iraq, en Somalie, en Thaïlande, en Colombie, à Tonga, en Grèce, en Pologne, en France, en Espagne, en Suède, en Suisse, en Inde,  au Canada, au Honduras, au Maroc, au Portugal, au Costa Rica, en Italie, aux États-Unis et au Royaume-Uni ont marché ensemble avec des migrants et des réfugiés, et beaucoup d’autres ont l’intention de faire de même.

Nous vous invitons à saisir la puissance de l’amour déversé par le Christ ressuscité en cette fête de Pâques, et, avec l’amour reçu, de disséminer des graines d’espoir à travers le monde. Nous vous invitons à Partager le chemin avec des migrants et des réfugiés en marchant avec eux.

Caritas est amour, mais l’amour n’est pas seulement une parole, c’est une manière de voir, de rencontrer et de comprendre vraiment les autres. C’est une façon d’exister et de vivre pour les autres, en sachant que la lumière finira toujours par vaincre l’obscurité afin que nous ne soyons plus, ensemble, qu’un seul être.

 Par le Cardinal Luis Antonio Tagle, président de Caritas Internationalis

 

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