15/11/2018
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 Kamako, le 11 octobre 2018 (caritasdev.cd) : Depuis plusieurs mois, des mouvements d’expulsions des Congolais vivant en Angola ont été signalés dans les Provinces du Kasai, Kasai central ainsi que dans la Province du Kwango et du Kongo Central. Au début, ces mouvements étaient timides et moins inquiétants. Depuis le 1er Octobre 2018, plusieurs milliers de Congolais ont été expulsés de l’Angola par la frontière de Kamako Province du Kasai, Lwambo dans le Kasaï central, Tembo dans la Province du Kwango, et Mapangu dans la Province du Kongo Central. La Caritas Luebo et la Radio Okapi signalent que 52.600 personnes ont été enregistrées du 04 au 10 Octobre 2018 à Kamako, dans la Province du Kasai.

Caritas Luiza fait mention de 7.643 personnes enregistrés au 10 Octobre 2018 à Lwambo dans la Province du Kasai central dont 3.214 hommes, 1.735 femmes, 148 femmes enceintes, Enfants de 0 à 5 ans: (Filles: 153, Garçons: 512), Enfants de 6 à 17 ans (Filles: 374 Garçons: 1.507). Caritas Popokabaka mentionne que 12 860 personnes expulsées ont été enregistrés à Tembo dans la Province du Kwango. Selon la Caritas Matadi, 4 groupes d’expulsés dont 62 Hommes, 27 Femmes ont été enregistrés à Kimpangu dans la Province du Congo Central en date du 08 octobre 2018.

L’opération d’expulsion est menée principalement dans la province angolaise de Lunda Norte. Elle cible tous les étrangers, surtout les Congolais, qui y vivent pour la plupart dans l’irrégularité de séjour sur le sol angolais. A l’origine de ces expulsions, l’interdiction de l’exploitation artisanale de diamant en Angola, la principale activité qui attire les jeunes Congolais et Ouest Africains vers ce pays.

Selon les Caritas diocésaines concernées et certaines autorités locales congolaises, les expulsions se font dans des conditions de fortes violences, tracasserie et traitement dégradant, des fouilles des parties intimes des femmes à la recherche des diamants cachées, des extorsions perpétrées, des tortures des violences sexuelles à l’égard des femmes, etc.

Pour les sites de Kamako, dans le Kasai, et celui de Lwambo dans le Kasai Central, cette situation vient aggraver les conditions de vies précaires des populations qui vivent déjà difficilement, suite aux conséquences des conflits armés opposant les forces armées Congolaises à la milice Kamuena Nsapu depuis le mois d’Avril 2016.

Les services de migrations sont débordés par l’afflux des personnes expulsés qui rentrent au Congo et les autorités redoutent la résurgence des épidémies étant donnée la promiscuité dans laquelle vit la population.

Les expulsés vivent dans la précarité, la majorité dort à la belle étoile et la communauté locale est débordée par l’afflux des personnes qui arrivent.

Signalons que ce phénomène expulsion des Congolais en Angola remonte aux années 2003. C’est un phénomène qui est devenue cyclique.

 Transport vers les villages, vivres, abris, eau potable, …    

 Un Rapport de situation (SITREP) de Caritas Internationalis, soumis par Caritas Congo Asbl, pour la période allant du 1er au 10 octobre 2018, signale plusieurs besoins pout ces expulsés. Le transport pour le rapatriement de personnes expulsées vers leurs villages respectifs : beaucoup d’expulsés surtout dans le Kwango manquent de moyens de transport pour atteindre leurs lieux de destination finale. Ils parcourent de longues distances à pied, exposés aux intempéries, à la fin et à l’insécurité ainsi qu’au risque de violences pour les femmes.

Par ailleurs, la collecte des données fait aussi problème. Les services d’immigrations sont débordés par l’afflux des expulsés qui arrivent et ont du mal à les enregistrer parce qu’ils procèdent à un enregistrement manuel, il s’avère important d’avoir des personnes de référence bien équipé avec ordinateurs portables, crédits téléphoniques et moyen de déplacement pour la collecte des données.

 Les NFI (Non vivres) font aussi défaut. En effet, les expulsés arrivent aux frontières dépouillés de tous les habits. Ils ont besoin du savon, des assiettes, cuillères, gobelets et bidons de 5 litres, nattes et draps, des kits d’hygiène pour les femmes afin de répondre aux besoins essentiels pendant la période de transit vers les villages d’origine.

 Il faut également des abris à ces personnes expulsées : des bâches pour se protéger contre les intempéries en attendant une solution durable.

Quant aux vivres, une ration alimentaire d’au moins 2 semaines est nécessaire pour permettre la reprise de force, en attendant regagner les villages d’origine. La fourniture en eau potable s’avère indispensable aux villages frontaliers pour éviter des maladies d’origine hydrique.

 Enfin, la prise en charge médicale et psychologique des personnes victimes des tortures et autres violences ainsi que des femmes et filles victimes des violences sexuelles s’avère nécessaire.

Réponse du Réseau Caritas 

 Caritas Congo Asbl utilise son circuit de veille humanitaire afin de collecter les données pour les sites du Kasai. Dans les diocèses de Matadi et Popokabaka, où la veille humanitaire n’est pas mise en œuvre, un point focal a été désigné dans chacune de ces diocèses pour renseigner régulièrement sur la situation.

 Coordination 

 Les mécanismes de coordination ne sont pas encore mis en place jusqu’à ces jours, bien que beaucoup d‘acteurs humanitaires sont déjà mobilisés sur la question.  Une réunion du country forum est en cours de préparation afin de débattre des questions urgentes dont celle relative aux Congolais expulsés de l’Angola, peut-on lire dans la conclusion de ce rapport de situation, parvenu jeudi à caritasdev.cd..

Guy-Marin Kamandji

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