23/07/2019
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Kisangani, le 19 septembre 2018 (caritasdev.cd) : Près de 130 leaders religieux et prestataires des soins prennent part depuis mardi 18 septembre 2018, à Kisangani, à un atelier de renforcement de leurs capacités dans l’identification des cas de Sida pédiatrique et dans la mobilisation des communautés pour le diagnostic ainsi que traitement précoces des enfants vivants avec le VIH/SIDA dans l’Archidiocèse de Kisangani, en Province de la Tshopo. Ces assises de trois jours ont été développées par Caritas Congo Asbl et Caritas Kisangani avec l’appui de Caritas Internationalis et le soutien de ONUSIDA et PEPFAR, dans le cadre de l’Initiative PEPFAR - ONUSIDA pour les Organisations d’inspiration religieuse.Pour mémoire, le PEPFAR (President's Emergency Plan for AIDS Relief) est un plan d'aide d'urgence à la lutte contre le Sida à l'étranger que le président des États-Unis George W. Bush a lancé en 2003.

En RDC, 83% d’enfants vivant avec le VIH/SIDA sans accès au traitement  adapté

 En fait, selon les données de l’ONUSIDA en 2016, il a été estimé qu’en RDC, 42.145 enfants vivants avec le VIH ont besoin d’un traitement antirétroviral. Mais, seulement environ 17% des enfants éligibles ont accès au traitement anti rétroviral, laissant au pays un fardeau de traitement du VIH pédiatrique non satisfait de près de 83%. En plus, chaque année, les nouvelles infections chez les enfants de 0 à 14 ans  sont estimées à 3.338, alors que les nouvelles infections en VIH en générale est de 14.940.

A l’issue de plusieurs concertations et des réunions de haut niveau, entre ONUSIDA, PEPFAR et Caritas Internationalis, successivement à Rome/Italie (avril et mai 2016) et Abuja/Nigéria (juin 2017), une option a été levée sur le renforcement de l’engagement des organisation confessionnelles dans la prise en charge du VIH/Sida chez les enfants et adolescents.

C’est ainsi que Caritas Internationalis  a bénéficié d’un appui techiniue et financier auprès de l’ONUSIDA et PEPFAR  pour le projet susmentionné. Il vise à renforcer l’engagement des organisations confessionnelles dans la prise en charge du VIH/Sida en général, mais avec un accent particulier sur le diagnostic et le traitement précoce chez les enfants vivants avec le VIH. Et ce, à travers une sensibilisation permanente des communautés par les leaders religieux. L’organisation de mise en œuvre étant Caritas Congo Asbl, avec la Caritas Diocésaine de Kisangani.

C’est dans ce cadre qu’une série des formations des leaders religieux,  notamment  les prêtres, les pasteurs catéchèses, les catéchistes et quelques prestataires a débuté ce mardi dans la salle polyvalente de la cathédrale de Kisangani. Elle s’étendra ensuite à Yangambi et à Banalia. Le suivi des activités du projet sur terrain sera fait par des Points Focaux, « des Champions », qui seront désignés après la formation pour chaque région.

Empêchée par l’établissement d’un état de lieux des mesures préventives contre la maladie à virus Ebola, la Ministre provinciale de la Santé (Mme Bernadette Furaha), s’est fait représenter par son Directeur de Cabinet, Mr Kires Kitambo.

Mr Kires Kitambo.
Mr Kires Kitambo.

« L’atelier de ce jour constitue un pas supplémentaire qui vient confirmer les progrès déjà enregistrés dans la réalisation du chantier de la santé, impulsé par le Président de la République, Joseph Kabila », à qui il a rendu un vibrant hommage. L’orateur n’a pas oublié le Gouverneur de Province de la Tshopo, Constant Lomata, « qui ne cesse d’appuyer l’action du Chef de l’Etat en multipliant les efforts pour l’amélioration de l’état de santé des filles et fils de la Tshopo.

 

Après avoir brossé l’historique de la lutte contre le VIH/Sida en RDC, la Ministre de la Santé, par la bouche de son DirCab, a souligné que cet atelier s’inscrit dans la droite ligne du Plan d’action provincial de la lutte contre le VIH/SIDA.  La Province de la Tshopo sera demain ce que nous faisons de sa jeunesse aujourd’hui. « Je fais donc mien le devoir patriotique de ne ménager aucun effort pour soutenir l’initiative de Caritas Internationalis, à travers les activités de la Caritas Congo Asbl et de la Caritas-Développement Kisangani ».

Remerciant l’ONUSIDA pour son appui financier et son soutien sans relâches dans la lutte contre le VIH/SIDA,  le Directeur de Cabinet de la Ministre provinciale de la Santé a ouvert solennellement les travaux de ces assises en appelant à l’union des efforts pour venir à bout de l’infection à VIH en Province de la Tshopo et en RDC.

Des journalistes interviewant Mr Stefano Nobile
Des journalistes interviewant Mr Stefano Nobile

C’était en présence de la presse locale.  

 « Nous, en tant que Caritas Internationalis (CI), avons essayé de mettre ensemble la richesse Foi-Eglise avec la lutte contre le VIH/Sida. Cela, depuis 1987. Caritas Internationalis a décidé de lancer une campagne pour travailler avec les gouvernements, les Organisations internationales, nos membres de Caritas, les donateurs, … afin de s’assurer que ces enfants puissent avoir les meilleurs traitements possibles », a relevé Mr Stefano Nobile, Point Focal Sida de la CI, basé à Genève.

Mr Stefano Nobile
Mr Stefano Nobile

 La CI a été l’une de premières Organisations d’inspiration religieuse à officiellement considérer la lutte contre le sida  à un niveau global. Après avoir rappelé l’historique de l’engagement de CI dans la lutte contre le VIH/SIDA, Mr Stefano Nobile a souligné qu’il y a sept Organisations d’inspiration religieuse impliquées dans l’nitiative PEPFAR - ONUSIDA ainsi lancée. L’Eglise catholique et sa Caritas Internationalis ont opté de travailler pour les enfants vivant avec le sida. « Voilà pourquoi nous avons écrit un projet, qui commence aujourd’hui », a-t-il indiqué. «L’idée n’est pas trop de transformer les leaders religieux en médecins, mais  les utiliser pour qu’ils puissent lutter contre le vih/sida, en envoyant les enfants vers les structures sanitaires, à travers leurs parents. Ces leaders religieux useront ensuite de leur influence dans les communautés en vue de lutter contre la stigmatisation et la discrimination envers ces enfants », a précisé Mr Stefano Nobile.

Mgr François Mwarabu, Vicaire Général
Mgr François Mwarabu, Vicaire Général

Prenant la parole au nom de Mgr l’Archevêque Marcel Utembi, en mission, son Vicaire Général, a exprimé un double sentiment de fierté et de responsabilité devant le choix porté à l’Archidiocèse de Kisangani, comme cible pour la mise en œuvre dudit projet.  « D’où, notre  engagement à nous approprier le projet et contribuer à sa mise en œuvre », a déclaré Mgr l’Abbé François Mwarabu.

 

 

Eglise catholique en RDC : un partenaire important de l’Etat en matière de la santé

« Votre disponibilité et votre présence massive à cette cérémonie de lancement officiel du projet est déjà à nos yeux un signe éloquent de votre engagement à lutter dès aujourd’hui contre le VIH pédiatrique qui ne cesse de terrasser nos enfants », a renchéri le 1er Secrétaire Exécutif adjoint de la Caritas Congo Asbl, Mr l’Abbé Eric Abedilembe.

Me l'Abbé Eric Abedi lembe
Me l'Abbé Eric Abedilembe

En effet, l’Eglise catholique en RDC reste un partenaire important de l’Etat pour la mise en œuvre de ses politiques publiques, spécialement en matière de la santé. Avec son réseau national, Caritas Congo couvre environ 40% de l’offre des services de santé à la population congolaise, à travers les 47 Bureaux Diocésains des Œuvres médicales (BDOM), sous la coordination de son Service National de Promotion de la Santé (SPS). C’est dans ce cadre que Caritas Congo Asbl fait alors appel à des fonds additionnels auprès des partenaires étrangers afin d’appuyer le Ministère de la Santé Publique dans sa lutte contre les maladies en général et le VIH/Sida pédiatrique en particulier. Au nom du Secrétaire Exécutif de la Caritas Congo Asbl (Mr Boniface Nakwagelewi Ata Deagbo), l’orateur a ainsi remercié l’ONUSIDA et PEPFAR qui ont volontairement financé ce projet. « Ce projet financé pour 6 mois par l’ONUSIDA et PEPFAR a été l’œuvre du travail de CI, ici représentée par Mr Stefano, Point Focal du VIH/Sida de CI », pour ce plaidoyer.  L’Abbé Abedilembe a émis le vœu de voir ce projet être implémenté dans d’autres coins de la RDC, notamment dans toute l’ex-Province Orientale. Pour l’instant, ce projet va s’étendre dans les quatre Zones Pastorales de l’Archidiocèse de Kisangani : ville de Kisangani, Ubundu, Banalia et Yangambi. Une série de formations des leaders religieux et prestataires des soins y seront organisée à cet effet. Ces derniers seront les mobilisateurs de leurs communautés respectives.

Remerciements à Caritas Internationalis, ONUSIDA et PEPFAR pour leur soutien technique et financier

Le Secrétaire Exécutif National Adjoint du Programme Multisectoriel de Lutte contre le Sida (PNMLS), Dr Bernard Bossiky a salué « l’engagement des confessions religieuses, dans la riposte nationale au SIDA, qui s’exprime aujourd’hui par l’implication de l’Eglise catholique dans la survie des enfants vivant avec le VIH ».

Dr Bernard Bossiky
Dr Bernard Bossiky

Il a exprimé sa gratitude à ses partenaires : « j’adresse mes remerciement à Caritas Internationalis, ONUSIDA, PEPFAR, pour leur soutien technique et financier qui a permis de nous réunir aujourd’hui ». L’intervenant a également remercié Caritas Internationalis qui confirme sa détermination de collaboration avec les différentes institutions et organisation impliquées dans la riposte nationale au Sida. « Que Caritas Congo et Kisangani trouvent l’expression de notre parfaite considération, en tant que partenaires engagés dans la lutte. Aux participants de différentes confessions religieuses, il a demandé de trouver par ses propos toute la considération du PNMLS, en tant acteurs importants dans la lutte. La RDC, en collaboration avec ses différents partenaires, a déployé beaucoup d‘efforts pour contrer la propagation de l’infection à VIH et limiter les effets néfastes du Sida au sein de la population vivant avec le VIH.  Des avancées importantes ont été notées dans la réalisation des objectifs d’accélération de traitement « 90-90-90 » lancé par ONUSIDA. Le PNMLS salue l’initiative de ce jour pour sauver les vies des enfants vivant avec le VIH par un comportement plus responsable des parents et des communautés. « Je suis convaincu que l’expérience de la Province de la Tshopo, bien que modeste, nous apportera des évidences pour l’extension de cette approche à travers le pays », a-t-il noté. Il a fini ses propos en réaffirmant la détermination du Secrétariat National Exécutif du PNMLS à renforcer l’implication des confessions religieuses dans la riposte nationale au Sida, en passant par la redynamisation du Conseil Interconfessionnel contre le Sida, qui avait vu le jour en 2002, de manière à réaliser tous ensemble la vision d’un pays en matière du sida, celle de faire de la RDC un pays d’une génération sans Sida.

Faible couverture de la lutte et pas assez des médicaments

Prenant à son tour la parole, le Médecin Coordonnateur Provincial (MCP) du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS), Dr Olinda, a appelé à l’appropriation de la lutte contre le VIH, surtout face à la faible couverture de la lutte. Pour lui, les vulnérables du VIH, ce ne sont plus les adultes, déjà infectés ; mais, les enfants, les jeunes, cet avenir de demain. « Nous devons les protéger », a-t-il lancé. « L’infection à VIH est généralisée en RDC, atteignant toutes les couches de la population », a-t-il ajouté.

Dr Olinda, MCP du PNLS
Dr Olinda, MCP du PNLS

Le MCP du PNLS a soulevé un défi important : la prise en charge des enfants nés des mères séropositives et ceux contaminés après leurs naissance, à cause de certaines pratiques (transfusion sanguine, pédophilie, ..). « Ces enfants ont droit à la vie ». Or, sur 100 enfants nés d’une mère séropositive, seuls 20 peuvent être trouvés. Et ceux qui viennent dans les structures de santé, ils manquent souvent de médicaments. Et s’il y a des médicaments, ce sont les médicaments des adultes qu’il faut sectionner, « séquencer » ; avec tous les risques de ne pas respecter les doses. Et aussi, ça dépend du gout, souvent pas accepté par les enfants, a déploré le MCP. « D’où, nous devons fournir l’effort de trouver les médicaments pouvant être acceptés par les enfants ; surtout quand on sait que le traitement à VIH est à vie », a-t-il relevé.  Dr Olinda a souligné que les enfants qui ont le VIH ont les mêmes droits que les enfants non atteints. Ils ont droit à la vie, aux études, au mariage, à la procréation, au travail, au voyage, etc. « Nous devons leur donner cette chance de jouir comme tout le monde. C’est la raison de notre présence ici, dans ce forum qui veut nous ‘capaciter’, en tant que communauté, pour pouvoir contribuer à la prise en charge des enfants atteints du VIH. Les informations nécessaires nous seront donnés pour les transmettre afin que nos enfants infectés par nous, suite à notre conduite, puisent vivre leur vies comme tout le monde », a martelé le médecin. Il a remercié la CI d’avoir choisi la province de la Tshopo, à travers l’Archidiocèse de Kisangani, pour initier ce « projet pilote que nous voulons réussi » ; ceci, afin de mobiliser les communautés ecclésiastiques… Malgré l’abondance de la matière pour trois jours de travaux, le PNLS provincial a promis d’accompagner les participants dans leurs sites respectifs quand ils seront en fonction. Il a aussi demandé aux autres leaders religieux d’«emboîter le pas à l’Eglise catholique pour nous aider à lutter contre ce fléau ».

Père Jean Kazadi
Père Jean Kazadi

Le Représentant du Coordonnateur Régional de l’Initiative œcuménique de lutte contre le VIH/Sida (Dr Hendrew Lusey), le Père Jean Kazadi, a répondu à cette préoccupation, dans son speech. «  En tant qu’organisation œcuménique, nous souhaitons vivement qu’aux termes de ces travaux se mette en place une dynamique régionale et nationale regroupant toutes les confessions religieuses pour une meilleure prise en charge de la problématique VIH/SIDA, en particulier dans sa dimension pédiatrique ».

Plusieurs exposés sur la lutte contre le Vih/sida

Après la cérémonie d’ouverture, les participants ont bénéficié de plusieurs théories dans l’après-midi.

Vue partielle des participants de différentes confessions réligieuses
Vue partielle des participants de différentes confessions religieuses

Il s’agit notamment de la présentation de la politique nationale de lutte contre le VIH/Sida ; problématique du VIH/sida pédiatrique en RDC et à la Tshopo ; généralités sur le VIH/sida, causes, modes de transmission, … ; historique de l’engagement des organisations religieuses dans la lutte contre le VIH en général et chez les enfants en particulier ; expérience œcuménique dans la lutte contre le VIH/sida, y compris la théologie morale et la santé/lutte contre le  VIH/sida selon la doctrine sociale de l’Eglise catholique.

Cette première journée avait commencé par la messe d’ouverture officiée à la cathédrale de Kisangani par le Vicaire Général. Partant de l’évangile selon St Luc 7, 11-17 (Jésus-Christ rend la vie au fils unique d’une veuve), Mgr François Mwarabu a souligné que l’engagement de l’église en matière de santé, ou de la vie humaine en général, remonte au Seigneur Jésus lui-même. Il avait un grand souci porté sur les faibles, malades, vulnérables. L’épisode relaté par Saint Luc, présente Jésus-Christ, Maitre de la vie.

L'atelier a commencé par une messe à la cathédrale
L'atelier a commencé par une messe à la cathédrale

Après cette messe, les participants se sont installés dans la salle de réunion de la cathédrale. L’hymne national y a été chanté avant le mot de bienvenue de Mr l’Abbé Richard Watoko, Coordonnateur de la Caritas-Développement Kisangani. 

Guy-Marin Kamandji

Envoyé Spécial

 

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