15/11/2018
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Goma, le 14 septembre 2018 (caritasdev.cd) : plus de 51.000 habitants de Bunagana et ses environs, dans le Territoire de Rutshuru au Nord-Kivu, ainsi que leurs bétails, ont désormais accès à l’eau potable. C’est grâce au projet de renforcement de l’Adduction d’Eau potable de Bunagana (AEP), fruit du partenariat entre Caritas-Développement Goma et le Fonds pour la Consolidation de la Paix (FCP). Il est financé par la KWF (Établissement de crédit pour la reconstruction), une banque allemande pour le développement, rapporte caritasdev.cd.

L’objectif de ce projet est de contribuer à l’amélioration du bien-être socio-sanitaire des bénéficiaires par la fourniture de l’eau de qualité et en quantité suffisante. Ainsi, chaque habitant pourra disposer d’au moins 10 litres d’eau potable par jour.

Des tuyaux, réservoirs, bornes fontaines, abreuvoirs, local d’installation…

La matérialisation de ce grand projet a nécessité la mise en place d’une logistique appropriée. Ainsi, 25.850 mètres des tuyaux PEHD ont été posés pour les conduites d’eau et 3 réservoirs d’eau en béton armé ont été construits (de 10m3, 40 m3 et 180m3).  Ensuite, 78 bornes fontaines publiques ont été réhabilitées ou construites, complétées par 5 abreuvoirs aménagés pour les bétails. Un local d’exploitation de 64 m3 a été également construit et mis à la disposition de l’ASUREP (Association des Usagers du Réseau d’Eau Potable). Ce projet a été réalisé pendant la période allant du 28 octobre 2016 au 10 août 2017.

Pour mémoire, Bunagana est une cité du territoire de Rutshuru, située à la frontière de l’Ouganda et non loin du Rwanda. D’une grande importance stratégique, commerciale et militaire, cette cité a pourtant connu longtemps des problèmes d’insuffisance en eau potable.

Face à ce défi, la KFW, à travers le FCP, a mis à la disposition de la Caritas-Développement  Goma des moyens conséquents pour mettre en service le réseau d’eau potable à partir de Kamira (18 km de Bunagana par voie routière). Cela permet de distribuer équitablement l’eau potable à travers 78 bornes fontaines publiques, installées le long de la conduite et dans tout Bunagana.

Satisfaction des bénéficiaires

C’est ainsi que la vie est venue jusqu’à la famille de Nyiramahoro, qui désormais n’est plus obligée de parcourir de kilomètres pour se procurer cette denrée rare : « Je suis heureuse et chanceuse d’avoir une borne fontaine juste à 10 pas de ma maison. Et puis, mes filles seront désormais épargnées d’inutiles bagarres au point d’eau  », affirme Nyimahoro en souriant.

Le projet a aussi intégré les aspects de la cohabitation pacifique, surtout entre cultivateurs et éleveurs des bovins, par la construction des abreuvoirs. Ce sont des dispositifs appropriés où les bêtes s’abreuvent. Jean Mugabo, un éleveur habitant à Rushangi, près de Gisiza, présente ici sa satisfaction à ce sujet: « Nos bêtes parcouraient plus de 3 Km par jour pour aller à la rivière. Ce qui les fatiguait. Avec la fatigue et surtout la déshydratation, les femelles ne produisent pas assez de lait. A présent, il y a un grand changement, surtout dans la production du lait. Les abreuvoirs sont bien entretenus et nos bétails s’y adonnent à cœur joie pour étancher leur soif », affirme Jean qui compte dans sa ferme une trentaine des vaches.

Le projet a aussi construit des abreuvoirs pour les bétails
Le projet a aussi construit des abreuvoirs pour les bétails

Grâce aux 5 abreuvoirs fonctionnels, le conflit entre cultivateurs et éleveurs a trouvé un début de solution ; car, les vaches en divagation ont trouvé un point d’eau approprié et distinct des bornes fontaines publiques.

Un comité de gestion pour la pérennisation du projet

Pour la pérennisation de ce projet, un comité de gestion a été créé et formé. L’association des Usagers du Réseau d’Eau Potable de Bunagana (ASUREP) assure la maintenance de tout l’ouvrage. Il se charge de faire le suivi et le protège contre les malfrats qui oseraient  vendre des tuyaux ou saboter le travail accompli, déclare Salomon Rukara, président de l’ASUREP. Il ajoute que les autorités administratives et policières locales ont également promis de s’y impliquer.

La communauté locale n’est pas du reste. Elle a participé activement dans les travaux. Plus de 2.000 ouvriers ont été recrutés localement, selon l’approche THIMO (Travaux à Haute Intensité de la Main d’œuvre) : « Nous avons privilégié les femmes et les ex-combattants démobilisés dans ce projet pour promouvoir l’équité et l’égalité hommes-femmes et faciliter la réintégration socio-économique des ex-combattants démobilisés dans leur milieu d’origine. En plus, grâce à ce travail, les moyens de survie des familles ouvrière se sont améliorés sensiblement », conclut Ladislas Kambale, avant de déclarer que la durée de vie de ces ouvrages est de plus de 30 ans, à condition que le respect des principes et normes de gestion ainsi que la maintenance du réseau d’eau potable autonome soient garanties et assurées par l’ASUREP, avec l’appui des autorités de tutelle et dans le respect de la loi qui régit le secteur d’eau potable en milieu rural . Et pour ce faire, Ladislas Kambale, le gestionnaire du projet d’Adduction d’Eau potable de Bunagana, compte sur l’implication de tout un chacun.

Lydie Waridi Kone (Chargée de Communication de Caritas Goma) et Guy-Marin Kamandji

 

 

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