23/07/2019
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Mr Volker (2ème à partir de gauche) en séance de travail avec le Satff de Caritas Congo Asbl
Mr Volker (2ème à partir de gauche) en séance de travail avec le Satff de Caritas Congo Asbl

Kinshasa, le 19 juillet 2018 (caritasdev.cd):  Arrivé à Kinshasa pour le suivi et évaluation de différents projets financés par la Caritas Allemagne (DCV), ou par son truchement, son Responsable du Département Afrique s’est rendu en mai dernier dans la province de la Tshopo.  Abordé par caritasdev.cd, il s’est dit très impressionné par le travail réalisé dans le cadre du projet WASH (Ecoles et Villages Assainis), financé par l’UNICEF, avec un impact réel impact sur la réduction du choléra dans la région. Mr Volker Gerdesmeier s’est aussi réjoui du bon aboutissement d’un projet d’aide aux réfugiés centrafricains au Nord-Ubangi, lequel a débouché sur un autre projet à long terme. Tout en appréciant l’approche intégrée mise en place par Caritas Congo Asbl, son partenaire central en RDC, il l’a encouragée à persévérer dans la transition entre l’urgence et le développement, à l’image de ce grand projet « Un monde sans faim, sécurité alimentaire dans le nord-ouest  de la RD Congo », initié par la Caritas Congo Asbl en collaboration avec les Caritas diocésaines de de Budjala et Molegbe et financé par la Coopération Allemande via la Caritas Allemagne, officiellement lancé le 19 avril 2018 à Gemena. Dans cet élan, Mr Volker Gerdesmeier exhorte la Caritas Congo Asbl à renforcer l’approche sur la redevabilité, un principe clé du nouveau standard humanitaire. Ci-dessous l’intégralité de cette interview.

 

Monsieur Guy Marin Kamandji : Comment vous appelez-vous et quel pourrait être  l’objet de votre récente mission ici à Kinshasa ?

 

Monsieur Volker Gerdesmeier: Merci, je m’appelle Volker Gerdesmeier. Je suis responsable du Département Afrique de la Caritas Allemagne et je suis en charge d’une vingtaine de pays, dont le Congo. Et chaque année, je viens au Congo pourvoir les partenaires et la Caritas Congo bien sûr, notre partenaire central, et visiter un projet particulier. Car, la logistique et le temps ne permettent pas de visiter plusieurs projets. Chaque année, c’est donc l’un ou l’autre projet que je viens voir ensemble avec les collègues et aussi discuter ici au siège avec la Caritas Congo sur l’évolution de notre partenariat, ce qu’il faut faire et ce qu’il faut améliorer.

 

Très impressionnée par le travail réalisé

Monsieur Guy Marin Kamandji : Cette année, quand vous êtes arrivé à Kinshasa, vous avez piqué sur Kisangani et Isangi. C’était à quelle occasion ?

 

Monsieur Volker Gerdesmeier: Nous sommes allés ensemble à Kisangani et Isangi (Ndlr : le Chef de Bureau de la Caritas Allemagne en RDC et le 1er Secrétaire Exécutif Adjoint de Caritas Congo Asbl) pour voir le projet WASH (Ecoles et Villages Assainis), financé par l’UNICEF et exécuté dans ces 2 Diocèses. Nous avons pu voir les populations bénéficiaires et les collègues de Caritas diocésaines impliqués. Nous avons pu rencontrer même l’Evêque d’Isangi qui nous a accompagnés dans une visite au village. Nous avons aussi rencontré à Kinshasa, lors de notre retour, l’Archevêque de Kisangani. Nous avons eu de très bonnes discussions avec tous et j’étais très impressionné par le travail qui se fait sur place dans le projet. J’ai vu que cette approche intégrée donnait de résultats réels et aidait les gens à changer leurs pratiques d’hygiène. Ça marche vraiment ! Les gens ont appris ! A titre illustratif, ils pouvaient parler de différents vecteurs de transmission de choléra, de l’importance de laver les mains, etc. C’était dès lors très clair que la population a compris le message ainsi que son utilité et cherche à changer son comportement, avec des moyens dont elle dispose.  Par ailleurs, nous avons pu discuter avec l’Unicef et la Direction de la Santé. Nous avons confirmé avec différentes cartes qu’il y a eu un réel impact dans la réduction de la prévalence du choléra dans la région. C’est vraiment une grande joie pour nous tous. Et nous espérons tous que cela puisse continuer. Et maintenant que j’ai compris sur place, ça m’aide aussi, à notre niveau, à discuter avec nos différents bailleurs pour mieux défendre le projet.

 

 Après avoir apprécié l’année passée l’exécution du projet en faveur des réfugiés centrafricains au Nord-Ubangi et aujourd’hui celui sur le WASH dans la Tshopo, comment jugez-vous  de manière globale les autres projets que vous appuyez en RDC ? Quelle recommandation pourriez-vous formuler à votre partenaire, la Caritas Congo Asbl, pour plus d’impact des interventions que vous financez?

 

Oui tout à fait, l’année dernière, j’étais du côté de Libenge au Nord-Ubangi. Nous sommes partis dans beaucoup de villages discuter avec les villageois, voir aussi là l’impact du programme qui est aussi bien visible. Nous étions très heureux qu’après cela, nous avons pu obtenir un financement à un peu plus  long terme. Donc là, nous arrivons vraiment ensemble avec la Caritas Congo à faire la transition entre l’urgence et le développement, à moyen et long terme.

 

Nous sommes très heureux de cela. Nous pensons que c’est une force de la Caritas Congo de pouvoir faire les deux, et l’urgence et le développement à long terme. Je veux juste recommander à la Caritas de continuer dans ce  sens. Je pense que c’est très important que  Caritas Congo, ici  à Kinshasa avec tous vos  experts, puissiez toujours être sur terrain, être prêt des agents de la base, être prêts de la population, être visibles et appuyer les gens de la base avec votre expertise ici au siège national. Cela a beaucoup de valeurs  pour les gens sur place. Ca renforcera les collègues sur place. Nous l’avons vu avec l’Abbé Eric qui était avec nous, qui était très apprécié aussi par tous les collègues sur place. Ce serait peut-être une recommandation de maintenir ce lien étroit entre la Caritas Nationale, les Caritas diocésaines et les paroisses, être très présent sur place. C’est quelque chose de très important.

 

Promouvoir l’approche participative et la Redevabilité

Parlez-nous un peu de cette approche sur la  redevabilité qui intéresse tant la Caritas Allemagne que le Gouvernement  allemand ainsi que de nouveaux indicateurs qui  pourront permettre d’avoir plus d’informations sur le niveau de satisfaction de bénéficiaires.

 

Cet aspect de la redevabilité, c’est un principe clé du nouveau standard humanitaire qui a été mis en place depuis  deux ou trois ans. Beaucoup d’Agences humanitaires sont en train de communiquer cela à leurs personnels et à leurs partenaires. Et nous aussi, nous avons essayé de travailler sur cela. Et nous avons trouvé des Caritas,  par exemple en Ethiopie ou en Colombie, qui ont mis en place de systèmes très pertinents de cette redevabilité. L’idée est, d’une manière très systématique, d’expliquer aux bénéficiaires les critères de sélection, le mandat de l’Agence que nous sommes, les quantités d’aide ou la qualité caractéristique de l’aide que les gens peuvent recevoir dans ce projet. Il s’agit en fait de leur donner des possibilités transparentes et sûres de donner un feed-back sur ce qu’ils reçoivent. Et dire dans le cas contraire, à ne pas souhaiter mais toujours possible dans un projet, que l’aide planifiée n’est pas arrivée sur le terrain. Cela permet de chercher là où il y a un problème. Donc, il y a de Caritas Sœurs, comme en Colombie, où cette redevabilité a eu un effet très préventif utile pour éviter de cas de fraude. Et nous pensons que nous tous nous sommes toujours exposés à ce danger d’abus de fraude et nous devons renforcer déjà les systèmes qui sont présents. Je vais aussi dire que la Caritas Congo, avec son approche participative, se distingue déjà et est très proche des populations.  Il s’agit plutôt de rappeler ce message central et de systématiser davantage le système de redevabilité. C’est ce dont nous avons discuté avec le responsable  du projet « Un monde sans faim » hier.  Le collègue est très ouvert et nous pensons pouvoir vous appuyer dans ce sens, ainsi que d’autres Collègues, comme le responsable des Urgences qui s’y connait déjà très bien et qui pourra également contribuer à une systématisation de cette approche.

 

Monsieur Volker, je vous remercie !                                                

Merci beaucoup à vous aussi ! 

                                                    

Propos recueillis par Guy-Marin Kamandji & Myriam Bamba

 

 

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