23/06/2018
NOUS SUIVRE SUR

Goma, le 12 juin 2018 (caritasdev.cd) : Contribuer à la stabilisation et à la consolidation de la paix dans la zone minière de Walikale, à l’Est de la République démocratique du Congo, justifie le partenariat entre Caritas Goma et Misereor Allemagne. Sont visés : les creuseurs artisanaux regroupés dans des coopératives.

‘’C’est depuis une année et demie que nous avons amorcé le projet « Appui à la stabilisation et à la consolidation de la paix dans la zone minière de Walikale (ASCP/Wa) », pour contribuer à la stabilisation et à la consolidation de la paix dans cette zone où la richesse minière est abondante mais qui ne contribue pas efficacement au développement du milieu et de ceux-là qui exploitent quotidiennement les minerais. Ces minerais occasionnent aussi des conflits dans cette zone et nous comme Commission Diocésaine Justice et Paix, nous coordonnons ce projet pour diminuer également les conflits liés à l’exploitation artisanale ’’, explique Gilbert Dhego, assistant à la coordination de la Commission Justice et Paix (CDJP) au cours d’un entretien avec la cellule de communication de la Caritas Goma.

Un projet de 3 ans, qui a débuté en septembre 2016, et qui tient entre autre à organiser les creuseurs artisanaux en coopératives pour développer des mécanismes de gestion rationnelle et responsable des revenus de leur travail et s’engager dans une culture d’épargne et d’investissement.

Ce processus orienté vers une exploitation minière artisanale qui respecte le droit minier en République Démocratique du Congo et les droits humains, contribuera aussi au développement et à la croissance économique dans le territoire de Walikale ; notamment grâce au dialogue interactif entre toutes les parties prenantes (coopératives, sociétés multinationales, négociants, autorités politico-administratives et militaires, société civile et communautés locales) pour la stabilité et l’émergence d’une culture de paix telle que définie dans le contrat qui lie Caritas à Misereor.

Et c’est aux creuseurs artisanaux de Bisie, un site  minier qui a fait parler de lui ces quinze dernières années par une  grande production de la cassitérite exploitée par un nombre significatif des creuseurs artisanaux regroupés dans quelques coopératives, que le projet ASCP/WA s’est intéressé.

En effet, il existe quatre sites alternatifs à savoir : le site de Muchelemuchele et Angisi dans le groupement de Wassa, Mpito et Mpafo dans le groupement de Bapfuna dans le secteur de Wanyanga. Les creuseurs artisanaux et les responsables de ces différents carrés miniers ciblés par le projet ont manifesté leur volonté de travailler étroitement avec l’équipe de la Caritas pour les aider à s’organiser en véritable coopératives minières, à régler les différents conflits qui bloquent leur développement et à promouvoir la culture de l’épargne auprès des creuseurs artisanaux, a précisé de Primo-Pascal Rudahigwa, superviseur du projet ASCP/WA.

Rencontre avec avec l’équipe dirigeante du site minier de Mpafo

Dans un autre aspect, le projet a installé un bureau de terrain pour le suivi  des activités, constitué des superviseurs et des sensibilisateurs à Njingala, à environs 40 km de Walikale-centre sur la route qui mène vers Lubutu.  Ce bureau travaille en étroite collaboration avec la Coordination basée à la Caritas Goma. Plusieurs creuseurs artisanaux et les responsables des coopératives fréquentent ce bureau qu’ils considèrent comme un cabinet conseil pour leurs activités.

‘’Notre équipe de terrain reçoit régulièrement des formations pour être à la hauteur de la nouvelle technologie afin de fournir des informations fiables susceptibles d’accompagner cet appui humanitaire en faveur des creuseurs artisanaux ’’, a déclaré l’Abbé Jean-Paul Mihigo, coordonnateur de la CDJP à l’occasion du premier stage de  formation de l’équipe de terrain sur la manipulation de GPS  et Google Earth qui est un programme gratuit qui permet de localiser des sites miniers à partir des coordonnées géographiques sur internet.

 Plaidoyer en faveur de l’exploitation artisanale de Bisie

Caritas Goma reste préoccupée par de la situation de Bisie. Elle fait partie du Groupe thématique mines de la société civile du Nord-Kivu, qui poursuit le plaidoyer en faveur de l’exploitation artisanale dans le site minier de Bisie, qui devrait avoir une zone d’exploitation artisanale à côté du périmètre minier d’Alphamin Bisie Mining.

Ce plaidoyer est une démarche pacifique afin d’entamer le dialogue multipartite entre les parties prenantes pouvant remettre les victimes dans leurs droits, précise Gibert Dhego, qui reconnait que le processus n’est pas facile , compte tenu de la position des autorités politiques qui négligeraient l’apport du secteur minier artisanal en dépit des droits reconnus à ce secteur par le code minier congolais .

Il ajoute qu’un groupe d’organisations de la société civile du Nord-Kivu est engagé dans ce plaidoyer et a publié au mois de février 2018, un rapport sur le déguerpissement illégal des populations de Bisie, grâce à l’appui financier de la Caritas.

La Caritas- Développement Goma reste convaincue que l’organisation des creuseurs artisanaux en coopératives minières et la formalisation du secteur minier artisanal dans le Territoire de Walikale contribueront significativement à l’éveil des consciences des communautés.

Au stade actuel, les coopératives minières fonctionnent comme des organisations sans but lucratif sous l’emprise de l’initiateur ou des initiateurs qui prennent les creuseurs artisanaux en otage soit intentionnellement soit par ignorance et profitent de leurs lourd travaux et à ce titre les coopératives n’améliorent pas les conditions de vie des creuseurs artisanaux indique un article de Sara Greenen.

C’est cette situation que le projet vise à redresser et à corriger pour la recréation des coopératives minières dignes de ce nom et de les organiser sur base des textes juridiques et des conventions légalement collective.

Jusque- là, conclut Gilbert Dhego, les interlocuteurs valables sur les sites miniers de Walikale vis-à-vis des sociétés d’exploitation industrielle demeurent les coopératives des exploitants artisanaux et les communautés environnantes. Il faut absolument les organiser pour être capables d’interagir constructivement avec les sociétés d’exploitation,  notamment en connaissant leurs obligations (obligations environnementales, santé, hygiène, sécurité, obligation envers les sociétés d’exploitation détenant des permis) et en défendant leurs droits (vendre leurs produits à un prix juste, libre accès au marché, respect de l’espace réservé pour l’exploitation artisanale, sécurité sur le site …). Dossier à suivre !

Lydie Waridi Kone

 

NEWSLETTER
Soyez informé par e-mail
NOUS SUIVRE SUR
© CARITAS 2017
1485143
aujourd'hui
Cette semaine
Mois
Total
2237
31010
172725
1485143