20/06/2019
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Mbandaka, le 28 mai 2018 (caritasdev.cd) : la résurgence de la maladie à virus Ebola (MVE) dans la Province de l’Equateur a poussé l’Archevêque coadjuteur de Kinshasa et Administrateur Apostolique de l’Archidiocèse de Mbandaka-Bikoro à effectuer une visite de proximité et de réconfort dans la « Zone rouge » de Bikoro et Itipo/Iboko auprès de la population de cette partie de la RDC. Après sa visite, Mgr Fridolin Ambongo a annoncé certaines décisions de prévention au sein même de l’Eglise catholique contre cette dangereuse maladie, renforçant ainsi la sensibilisation communautaire en cours. Il a aussi relevé la responsabilité des autorités politico-administratives pour une meilleure riposte contre cette épidémie.

Contact avec les malades et manipulation des cadavres comme si de rien n’était

En fait, dans sa conférence de presse animée jeudi 24 mai 2018 au Centre Bakusu de Mbandaka, Mgr Fridolin Ambongo a déploré des habitudes et pratiques à risques à même de provoquer la propagation de la maladie dans les prochains 15 à 20 jours, vu qu’il y a des cas avérés et connus de MVE. « D’autres personnes sont peut-être déjà en période d’incubation et ne vont pas tarder à manifester la maladie », a relevé le prélat.

 

 «La population continue  à demeurer en contact avec les malades et à manipuler les cadavres comme si de rien n’était », a déploré Mgr Ambongo.  « Nous déplorons le comportement irresponsable et dangereux de nos communautés qui continuent à manifester l’ignorance et qui continuent à croire à des us et coutumes rétrogrades,  à certaines pratiques fétichistes, qui font recours à certains chefs religieux avec espoir d’une guérison miraculeuse. Il y a également  la manipulation sans précaution des malades et des cadavres ainsi que certaines manières de faire le deuil, certes sincère, mais parfois juste une mise en chaine qui ne correspond nullement à la compassion ».  Et l’Archevêque co-Adjuteur de Kinshasa et Administrateur Apostolique de l’Archidiocèse de Mbandaka-Bikoro d’enfoncer le clou : « Il y a cette  obstination à ramener les morts pour être enterrés  dans les villages natals par des moyens de transport moins sûrs  et non sécurisés (transport à moto avec un conducteur et une deuxième personne qui soutient le malade ou le cadavre placé au milieu). Si la personne est malade ou morte de MVE, tous deux sont obligatoirement contaminés,  sans compter tous ceux qui vont après monter sur cette fameuse moto certainement non désinfectée. Ce comportement est à l’ origine de l’expansion de la MVE ». D’où, la nécessité urgente de donner l’information adéquate et d’intensifier la sensibilisation,   la conscientisation  et  la mobilisation sociale pour le changement de comportement, a martelé Mgr Fridolin Ambongo.

 

Accès routier difficile à la « Zone rouge » et risque de famine

L’épicentre de l’épidémie à MVE est actuellement la paroisse d’ITIPO, située dans l’Aire de Santé d’IBOKO,  car  la plupart des malades de BIKORO viennent d’ITIPO. Dans cette zone rouge, il y a également un risque de famine, car il n’y a plus de route, a noté l’Archevêque coadjuteur de Kinshasa. « L’unique route et voie de communication qui relie Mbandaka à Bikoro, Itipo, Iboko est   cassée. Dès lors, la  population ne peut plus avoir accès aux produits manufacturés en provenance de Mbandaka. De même, le Territoire de BIKORO, grenier de MBANDAKA, ne sait plus ravitailler cette ville en produits alimentaires. Les organisations internationales et nationales qui sont venues à notre rescousse utilisent plutôt les hélicoptères, moyens non accessibles au commun de mortel ».

 

Le cri du cœur de l’Evêque : « Cela ne facilite pas le travail des humanitaires qui sont venus à notre secours de pouvoir nous aider comme il se doit. Les autorités de la place ne trouvent  aucune importance à entretenir la route et ne se soucient  pas de son état désastreux actuel alors que cette route pouvait faciliter la communication avec ces zones rouges. C’est comme si pour elles, la population de l’Equateur n’a aucune valeur, a dit l’Archevêque.

Il y a aussi une psychose générale créée par la maladie  qui empêche la population d’aller aux champs ou de vaquer à leurs activités quotidiennes.

 

Le prélat a cependant reconnue une réponse appropriée sur le terrain où il a trouvé l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les MSF, l’UNICEF, le Ministère de la santé et les Autorités Politico-Administratives à pied-d’œuvre au niveau provincial et local avec toute la technologie et du personnel faisant preuve d’un dévouement exceptionnel. « Cela  donne l’espoir que d’ ici 1 à 2 mois, on peut cerner cette épidémie de la MVE », a-t-il affirmé.

Des mesures contre Ebola au sein de l’Eglise

 

La menace de la maladie à virus Ebola étant permanente, Mgr Ambongo a annoncé quelques mesures relatives à la célébration des sacrements et à l’évangélisation. Il s’agit notamment de : suspension de l’administration de tous les sacrements impliquant des contacts physiques, tels que le baptême, la confirmation et l’onction de malades ; interdiction de s’échanger une poignée de mains en guise de signe de paix lors de la messe ; désinfection des mains avant et après la distribution de la communion ; lavage des mains avant et après la messe ; nettoyage des objets sacrés et de la sacristie.

Mgr Fridolin Ambongo a annoncé aussi le report à une date ultérieure de l’ordination sacerdotale prévue le 03 juin 2018 à l’Archidiocèse de Mbandaka. Par ailleurs, il a demandé à ce qu’un seul prêtre ne boive la coupe (du sang du Christ) lors d’une concélébration eucharistique.

La Caritas et les curés des paroisses ont été invités à prendre des dispositions nécessaires pour le respect de ces mesures de prévention.

Concernant la population en général, il sied de signaler que le Réseau Caritas participe à un plan de contingence du Ministère de la Santé Publique contre le MVE, notamment dans le renforcement de la communication auprès des leaders communautaires et religieux, et à travers les RECOS ; le renforcement de l’hygiène corporelle par la pratique du lavage des mains ; la sensibilisation radio par des émissions et des spots radiodiffusés  des populations de la ZS de BIKORO  et celles des 3 autres ZS voisines et la sensibilisation de masse dans des lieux publics (marchés, églises, écoles, lieux de deuil, etc.).  

Guy-Marin Kamandji

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