15/10/2019
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Yumbi, le 19 février 2019 (caritasdev.cd) : une réponse rapide (phase 1) dans les secteurs sécurité alimentaire (vivres), Articles Ménagers Essentiels-AME/abris d’urgence, santé/nutrition, WASH (Eau-Hygiène-Assainissement) et éducation ;  une réponse humanitaire prolongée (phase 2) dans les secteurs sécurité alimentaire (vivres/moyens de subsistance), AME/abris (reconstruction), santé/nutrition, WASH, éducation, protection, telles sont les deux principales recommandations d’une mission d’évaluation multisectorielle conduite dans la zone de Yumbi du 28 janvier au 02 février 2019, en Province de Mai-Ndombe.

Y ont participé : ACTED, CARITAS, NRC, OCHA, OMS, OXFAM, PAM, UNHCR et UNICEF. L’objectif de la mission de ces Humanitaires a été d’orienter les activités de réponse humanitaire multisectorielle dans le territoire de Yumbi à travers une analyse rapide et compréhensive de la situation humanitaire et des besoins.

La crise de Yumbi ayant provoqué une fracture sociale entre les deux communautés (Nunu et Tende), la mission a recommandé en outre que l’assistance cible les deux communautés impliquées dans le conflit, en toute impartialité. « Bien que les niveaux de vulnérabilité soient plus élevés auprès des déplacés Nunu, l’assistance d’urgence ne devra pas être purement orientée par la vulnérabilité aigue. Une assistance blanket ciblant les localités les plus affectés (vulnérabilité aigue et modérée) est vivement recommandé », souligne le rapport de cette mission, parvenu à caritasdev.cd.

En fait, les deux communautés vivent actuellement dans des zones séparées dans laquelle chacune est majoritaire (Nunus dans Ilots/Yumbi et Tende dans localités axe Yumbi-Bolobo).

La mission d’évaluation multisectorielle s’est rendue dans les localités suivantes : Moniende, Linsenge et Tandela (ilots), Yumbi, Nkombe, Molende, Mansele, Nkolo, Bongende, Mongama (dans la Zone de Santé de Yumbi) ; Bolobo (ZS de Bolobo) et Lukolela dans la Province de l’Equateur.  

 

Plus de 900 morts et d’importants dégâts matériels

Le rapport situe le début de la crise de Yumbi au 15 décembre 2018 ; un conflit interethnique opposant la communauté Nunu (occupant 5 localités dont Yumbi, Bongende et Nkolo majoritairement) et la communauté Tende (33 localités). Le conflit a touché principalement Yumbi, Nkolo et Bongende avec destruction d’habitations et infrastructures sociales et des nombreux cas de violences physiques. Le dernier bilan fait mention de plus de 900 morts.

Les estimations du mouvement de populations font état de 12.500 personnes déplacés internes (PDI) et 15.000 réfugiés en République du Congo.  Ces chiffres sont approximatifs en raison des difficultés de collecte (indisponibilité/absence autorités et systèmes de suivi, mouvements secondaires et pendulaires continus).

Des milliers d'habitations ont été détruites
Des milliers d'habitations ont été détruites

Par ailleurs, l’on déplore la destruction d’environ 1.000 habitations (462 à Yumbi, 270 à Bongende, 268 à Nkolo), de 14 écoles à Yumbi, 1 école à Bongende,  2 écoles à Nkolo  avec des infrastructures WASH associées. 4 centres de santé (Bongende, Nkolo, Bolu, Likolo) ont également été détruits et pillés.

Ambiance morose dans un des sites visités par la mission
Ambiance morose dans un des sites visités par la mission

 

Il sied de signaler qu’en matière de déplacements, les Tendes de Yumbi se sont dirigés principalement vers les villages Tende sur l’axe Yumbi-Bolobo (y compris mouvements préventifs avant les évènements), tandis que les Nunus (population riveraine) se sont déplacés au sein de Yumbi (familles d’accueil), vers les ilots (campements saisonniers) sur le fleuve, vers le Congo Brazzaville et vers le territoire de Lukolela (Province de l’Equateur). Les Nunus proviennent principalement de Yumbi, Nkolo et de Bongende.

L’arrivé des forces de sécurité en provenance de Kinshasa, Mbandaka et Inongo a contribué au rétablissement de la sécurité dans la zone, mais le retour des populations reste timide. L’arrivée de la MONUSCO (Mission de l’ONU pour la Stabilisation de la RDC) a également contribué à la rassurance des populations affectes, jusqu’à son retrait partiel le 28 janvier 2019, poursuit le rapport.

Cependant, il existe encore une réelle méfiance entre les communautés Nunu et Tende, ainsi que entre Tende et FARDC déployés. En effet, les FARDC sont perçus par les Tende comme partisans des Nunus en raison des nombreuses arrestations d’individus Tendes (présumés auteurs des attaques) et de la sécurisation de Yumbi, occupé essentiellement par les Nunu. 

Guy-Marin Kamandji

 

 

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