26/03/2019
NOUS SUIVRE SUR

Kinshasa, 26 avril 2017 (caritasdev.cd) : Dans une interview qu’il accordée à caritasdev.cd à Kinshasa en ce   vendredi  21 avril 2017, Mgr Fulgence MUTEBA Mugalu, Evêque de Kilwa-Kasenga, dans le Sud de la RD. Congo, a mis en lumière la crise multisectorielle ( économique, phénomène de la coupe anarchique et intensive du bois rouge exporté en Chine, aux niveaux social et politique,) qui  sévit dans son diocèse.

« Comme partout ailleurs,  la crise est sévère dans le diocèse de Kilwa-Kasenga », a affirmé Mgr Fulgence MUTEBA dans cette interview à lire ci-dessous in extenso. Selon l’Ordinaire de Kilwa-Kasenga, dans son diocèse, « sur le plan politique, on ressent les conséquences de l’impasse politique (…) Il y a comme un sentiment collectif d’abandon du peuple par l’Etat congolais. Plus rien n’est fait par l’Etat pour venir en aide à cette population rurale ! ». « La Caritas-Développement Kilwa-Kasenga, a indiqué l’Evêque Fulgence MUTEBA, a    beaucoup du pain sur la planche », rapporte caritasdev.cd 

Question  (Q ) : Dans votre homélie pascale, publiée in extenso notamment par le journal « Le Phare » à Kinshasa, vous donnez quelques informations sur votre diocèse, qui est Kilwa-Kasenga. Nous voulons vous entendre de vive voix à ce sujet. Quelle est la situation qui prévaut actuellement sur l’ensemble de votre diocèse ?

R : Comme partout ailleurs,  la crise est sévère dans le diocèse de Kilwa-Kasenga. Cette crise est multisectorielle. Elle est d’abord économique : depuis la fermeture de deux mines d’extraction du cuivre  à Dikulushi et à Kapulo, l’argent ne circule pas. Le niveau de vie de la population a beaucoup baissé. L’économie tourne au ralenti. A cela s’ajoutent les conséquences de certaines catastrophes naturelles qu’on a connues, à savoir : l’invasion des chenilles dans les champs de maïs et les inondations survenues dans certaines localités du diocèse. Il y a également le phénomène de la coupe anarchique et intensive du bois rouge qu’on exporte en Chine.  Au niveau social, à peine sécurisé depuis que  le seigneur de guerre Gédéon s’est rendu,  le diocèse a  accueilli les victimes des affrontements entre Bantous et Pygmées venant du diocèse de Manono et du diocèse de Kalemie-Kirungu. Sur le plan politique, on ressent les conséquences de l’impasse politique. Les gens ne se sentent pas soutenus par l’Etat. Il y a comme un sentiment collectif d’abandon du peuple par l’Etat congolais. Plus rien n’est fait par l’Etat pour venir en aide à cette population rurale !

Q : Avez-vous une interpellation, un appel particulier à lancer à ce sujet  ?

 

R : Il faut qu’on nous aide à apporter une assistance humanitaire aux déplacés des affrontements entre les Pygmées et les Bantous. Nous souhaiterions aussi être soutenu dans notre combat pour la protection de l’environnement et l’amélioration des conditions sanitaires de nos diocésains par la construction et l’équipement des centres de santé. Le problème de l’éducation mérite lui aussi  qu’on s’y penche le plus rapidement possible en multipliant  les infrastructures scolaires.

Q : Quels sont les problèmes que vous relevez à ce jour concernant votre diocèse sur le plan de la santé ?

 

R : Tout d’abord, il y a insuffisance des infrastructures. Vient ensuite le non-accès aux soins de santé de beaucoup de gens à cause  de la pauvreté. Enfin, il faut noter la prédominance des croyances traditionnelles qui poussent beaucoup de malades à recourir aux pratiques superstitieuses, incompatibles avec la médecine moderne.

 

 

Q : Quelle est l’interpellation, quel est  l’appel particulier que vous  lancez dans ce cadre ?

 

R : Le plaidoyer est que l’on puisse nous aider à éduquer  sur le plan sanitaire la population et à construire des formations sanitaires. J’accorde une importance capitale à la sensibilisation aux notions d’hygiène élémentaire et à la prévention de certaines maladies.

 

Q : Quels sont les problèmes auxquels font face aujourd’hui  les populations habitant le diocèse de Kilwa-Kasenga dans  le domaine du développement ?

 

R : Ces problèmes sont : la pauvreté généralisée,  la hausse des prix des denrées de première nécessité, notamment le maïs, le manque d’emploi, les tracasseries fiscales, le pillage de nos forêts...

 

Q : Quelle est votre interpellation, quel est  votre appel ou votre plaidoyer  à ce propos  ?

 

R : Il faut que l’on puisse sortir de l’impasse politique actuelle pour que le pays fonctionne normalement. Un tel fonctionnement suppose une politique de développement qui n’oublie pas le monde rural. Il est utile que le problème de l’exploitation anarchique du bois rouge  puisse trouver une solution,  afin que les retombées économiques de cette exploitation puissent bénéficier à la population.  Je plaide pour l’amélioration des techniques de séchage et d’emballage  des poissons de la Luapula et du lac Moëro, en vue de rendre notre économie compétitive, en gagnant le marché international.

 

Q : Comment la situation sécuritaire se présente-t-elle ces jours-ci dans votre diocèse ?

 

R : La situation sécuritaire est relativement calme, sauf dans  la partie Nord du diocèse, sur la route Mitwaba-Manono où on enregistre de temps en temps l’activisme des coupeurs de route. Il y  une situation volatile à  Mwenge dans la paroisse de Pweto qui abrite les victimes des affrontements interethniques entre les Pygmées et les Bantous.

 

Q :Avez-vous dans un tel contexte, pour terminer,  un mot particulier comme Evêque sur la Caritas-Développement Kilwa-Kasenga ?

 

R : La Caritas-Développement Kilwa-Kasenga a    beaucoup du pain sur la planche. Non seulement elle doit répondre aux problèmes des urgences humanitaires, mais aussi elle doit former au développement. Elle doit, bien sûr, s’investir dans le domaine sanitaire et aussi répondre à toutes sortes de défis.

 

Propos recueillis par JOSEPH KIALA

NEWSLETTER
Soyez informé par e-mail
NOUS SUIVRE SUR
© CARITAS 2017
2539285
aujourd'hui
Cette semaine
Mois
Total
1598
3901
88617
2539285