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PO: oublié et enclavé, l’Uélé attend du Gouvernement des infrastructures routières, plaide Mgr Banga Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
17-02-2010

"Route" n'acceptant que le passage d'un vélo après l'autre, en Province Orientale (Photo d'archives-Caritas)Kinshasa le 17 février 2010 (caritasdev.cd) : « laissez tous les autres discours, faites un effort pour réhabiliter les moyens de communication. Tant que cet enclavement n’est pas combattu par l’Etat, parler aux gens du développement, serait de la démagogie. Qu’on réhabilite les routes, et si possible le chemin de fer ». Ce cri de cœur est celui de Monseigneur Joseph Banga, Evêque de Buta, Territoire situé à 300 Kms de Kisangani en Province Orientale, dans une interview accordée vendredi à la presse, au siège de la Caritas Congo à Kinshasa. Il a formulé cette recommandation au Gouvernement et aux acteurs politiques congolais, rapporte caritasdev.cd

 Mgr Banga a attiré l’attention des Autorités nationales et des partenaires au développement sur la triste situation socioéconomique de la population du diocèse de Buta, en particulier et de l’Uélé en général.  Pour lui, toute aggravation de la misère devrait être considérée comme une urgence humanitaire ; car, d’année en année, elle réduit les chances d’une population.

 Non seulement, il n y a aucun signe visible des cinq chantiers, mais en plus, la population de l’Uélé est livrée à elle-même depuis plus de 20 ans, a-t-il noté.  « Si vous arrivez à Buta, vous verrez que toutes les infrastructures de l’Etat sont en ruine. La population est aussi bloquée, car, il n’y a pas de moyens de communication. Or, sans route, on ne sait pas se développer, malgré toute la bonne volonté qu’on peut avoir », a relevé l’Evêque de Buta. Un sac de ciment coûte entre 50 à 60 $, a-t-il souligné à titre illustratif.
 
« La route a pratiquement disparu. Nous circulons seulement en saison sèche pour visiter nos paroisses. Le chemin de fer, les grandes entreprises agricoles qui faisaient la fierté de Buta,  ont disparu, depuis les années 1970, surtout à cause de la Zaïrianisation. Les gens produisent juste pour manger ou payer un peu de frais scolaires de leurs enfants », a-t-il poursuivi.  Du riz, des arachides, et tant d’autres denrées son produits.

Pour se donner l‘impression de gagner un peu d’argent, certains s’obligent à effectuer des centaines de Kms à pied ou à vélo pour aller vendre leurs produits agricoles dans les carrières de mines. Ainsi, celui qui transporte 300 verres de riz (environ 60 Kgs) sur le dos à plus de 200 Kms, durant 12 à 15 jours, et les vends à 50 dollars US, au lieu de 10$ dans son village, a l’impression d’avoir fait de bonnes affaires. Or, en réalité, il est en train de détruire son corps, a relevé l’Evêque.

La Caritas encadre et assiste la population

Dans un tel contexte, où l’Eglise catholique elle-même est frappée par cette basse conjecture, la Caritas diocésaine essaye d’être proche de la population. Elle sensibilise les gens à se regrouper en associations paysannes et les encadre, tout en initiant de petits projets. « Nous les avons aidés dans certains milieux à produire beaucoup du riz, mais nous sommes incapables de les aider à l’évacuer», a souligné le Prélat. Il a évoqué à ce propos un camion, don d’un diocèse d’Allemagne, qui a mis quatre mois pour être acheminé à Buta, en partant de Kinshasa,  faute de route.

C’est dans ce cadre que la Caritas Buta a amené la popualtion à réhabiliter la piste de Dingila, ayant permis l’acheminent de l’assistance humanitaire d’urgence aux déplacés, victimes des attaques des rebelles ougandais de la LRA. La Caritas diocésaine, appuyée par Caritas Congo, a été la première ONG  à secourir ces personnes déplacées après les familles d'accueil. Elle leur a apporté des biens non alimentaires. Le PAM aussi est venu à leur secours avec des vivres, a indiqué Mgr Banga. Il reste environ 3.000 déplacés à Dingila où une ONG protestante leur a construit des abris, a-t-il ajouté.

En fait, la LRA a  fait  irruption dans le Bas-Uélé  le 15 mars 2009  en  pillant, tuant et en enlevant  des gens de Banda  dans le Diocèse de Bondo, Territoire  de Ango. Ces attaques ont provoqué des déplacements massifs  des populations  vers le sud à Dakwa et Ango. Elles ont dû traverser la rivière Uélé pour arriver à Dingila dans le Diocèse de Buta. Mgr Banga a souligné en outre que la LRA semble affaiblie, mais il reste des souces dangereuses et un risque de réorganisation à partir du territoire centrafricain.

Pour rappel, le diocèse de Buta couvre cinq Territoires : Aketi, Buta, Bambesa, Poko et Bondo, avec plus de 400.000 habitants, sur une superficie d’environ 60.000 Kms-carré. 030/02/2010

Mgr Joseph Banga s'adressant à la presse (Ph. Guy-Marin Kamandji)

Sandra Mbombo K. & GM Kamandji

 
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