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Nord-Kivu : Situation humanitaire et sécuritaire très précaire dans le Diocèse de Butembo-Beni Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
28-04-2008
Vue de la cité de Kanyabayonga
Une vue de Kanyabayonga (Ph. GM Kamandji)
Depuis le début de cette semaine (du 20 au 26 avril 2008), le sud du territoire de Lubero vit une situation sécuritaire très précaire, rapporte caritasdev.cd, relayant le rapport transmis par la Caritas Butembo-Beni et élaboré en collaboration avec d’autres opérateurs humanitaires sur le terrain. En effet, les groupes armés qui foisonnent dans la région se sont affrontés dans plusieurs villages et localités :

-         A une dizaine de kilomètres de Luofu, on trouve plusieurs villages où la confusion était déjà remarquable depuis quelques semaines. D’intenses mouvements d’armes par les FDLR étaient déjà dénoncés dans la contrée, le transport se faisant par la corvée des populations autochtones. Il s’agissait d’une relocalisation des armes et des positions FDLR des environs du Parc National des Virunga à l’est vers la zone ouest de l’axe Lubero-Kanyabayonga.
Pour des raisons non encore déclarées, les villages et localités de MBWAVINYWA, KASIKI, KALEVYA, LUHANGA… se sont transformés en champs de bataille entre FARDC et FDLR de la faction RUD depuis le mardi 22 avril. Il est signalé à plusieurs endroits une coalition FDLR/PARECO. Après deux jours de combats acharnés, un calme relatif est revenu dans la contrée, pendant qu’on déplorait déjà la mort d’une femme tuée par les FDLR près du camp des FARDC et une dispersion de la population dans plusieurs sens, les uns dans la brousse, les autres vers LUOFU, KAYNA et KANYABAYONGA…où régnait un calme apparent. Toutefois, aucun bilan n’est encore établi jusqu’à présent ainsi que le dénombrement et la localisation exacte des personnes ayant fui les combats.

-         Au même moment d’autres combats opposaient à partir de la nuit du 22 au 23 avril les Maï-Maï PARECO aux FARDC dans les villages de KAMANDI Gîte, BUHOYO, KANYANDAHI, KAMANDI LAC, LUNYASENGE, KISERERO…situé à l’Est de KIRUMBA au bord du Lac Edward et près ou dans le Parc National des Virunga. L’origine de ces affrontements serait le contrôle des taxes perçues par les groupes armés et les FARDC dans les marchés et sur certaines voies d’accès à ces différentes localités qui sont très proches les unes des autres. Un civil a été tué à Kamandi Lac dont les cases ont été incendiées par les FARDC le 23 avril. Ce matin, 25 avril 2008, on pouvait encore entendre des tirs à l’arme automatique à partir de Kayna et Kirumba. Les populations de Kamandi Gîte auraient fui vers Kikuvo, ceux de Kamandi Lac, Lunyasenge, et Kiserero vers Vitshumbi, tandis que ceux de Buhoyo vers Bulotwa situé entre Kayna et Kanyabayonga. Aucun chiffre n’est encore disponible sur le nombre et la localisation exacte des personnes déplacés.

-         D’autres affrontements entre PARECO et FARDC ont été signalés pendant la même période au sud de Kanyabayonga (en allant vers KIBIRIZI) dans le territoire de Rutshuru, dans les villages de LUSOGHA, BUTALONGOLA et MIRANGI. Ici les populations civiles se sont dispersées dans les champs, bien que à Kanyabayonga on signale l’arrivée de quelques personnes en provenance de ces localités. Aucun chiffre n’est donc encore disponible concernant cette vague.

-         A Bingi et ses environs, la population vit dans la panique et ne sait à quel saint se vouer depuis que les FARDC qui étaient localisés dans la contrée s’en sont retirés sans mot dire. Le 23 avril les écoles ont été fermées à partir de 10 heures. Autre raison à l’origine de la panique, Mr Lafontaine, Chef de PARECO, menacerait d’attaquer simultanément les FARDC et les FDLR RUD positionnés dans les environs de Bingi, alors que dans tous les combats précédents, son mouvement est allié des FDLR. Quelle contradiction ! Ainsi plusieurs familles ont commencé à quitter le village pour s’éloigner dans des endroits plus sécurisés.

-         Notons que cette situation vient alourdir la situation humanitaire de la région qui était déjà déplorable. Pour rappel au début de mars dernier, des combats similaires se sont déroulés dans les mêmes localités de Mbwavinywa et ses environs toujours entre les mêmes groupes armés (FDLR RUD et FOCA, PARECO, FARDC), jetant à l’errance plusieurs centaines de familles. Nous avons vu certaines de ces familles à Kamandi et à Kikuvo pendant que nous distribuons de l’aide en vivres et non vivres, don du gouvernement belge à 5000 ménages dans ces localités. Cela pose également le problème de la mise en œuvre de l’accord signé en janvier dernier à Goma entre les groupes armés en activité au Nord Kivu qui continuent à se rendre responsables de graves violations des droits de l’homme et qui accusent sur terrain une telle incoordination qui laisse planer le doute sur le sérieux de leurs engagements. Le Gouvernement et l’Armée Nationale doivent prendre leur responsabilité pour rétablir l’autorité de l’Etat et rétablir la sécurité sur l’ensemble de la région où on de la peine à distinguer un déplacé d’un autochtone, tous vivant des situations très rudimentaires, fragiles, donc difficile de faire le ciblage des bénéficiaires d’une aide humanitaire quand elle est disponible.

-         Sur l’axe principal Lubero-Kanyabayonga, la situation est relativement calme

-         Dans la réunion du Cluster NFI/Mouvement des populations de ce jeudi 24 avril à Butembo, toutes les organisations membres du cluster ont été unanime qu’une évaluation dans le sud du territoire de Lubero doit se faire urgemment pour avoir les éléments chiffrés de ces derniers affrontements, étant donné que personne ne savait avancé un chiffre d’une quelconque localité ainsi que les besoins exprimés. Ainsi dans la semaine du 27 avril, la Caritas Butembo-Beni envisage une descente sur terrain si les conditions sécuritaires le permettent.    
 
Source :
-    Communication avec les comités locaux de la Caritas-Développement Congo
-    Paroisses
-    CEPROSSAN, une ONG locale oeuvrant dans la région dans les programmes d’aménagement des sources d’eau potable
-    Autres membres du Cluster


 
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