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Goma,le25mars2009(caritasdev.cd): Nous sommes à 35 km au Nord de Goma sur la route de Rutshuru ce jeudi 19 mars 2009: c’est la localité de Rugari. Abandonnant la route principale, nous nous engageons sur un chemin en terre battue serpentant les bananeraies que coiffent les panaches de fumée qui s’échappent des cases couvertes de pailles. Après un parcours glissant d’environ 2 km aux mille virages vers la frontière rwandaise, c’est la Paroisse catholique de Rugari qui apparaît – la première du Diocèse de Goma – accrochée au pied du volcan Mikeno qui l’écrase de ses 4 437 m d’altitude, rapporte caritasdev.cd.
Dans un presbytère construit en 1958 par les missionnaires Pallotins, le Curé de la Paroisse, Abbé Jean Fidèle Uburiyemwabo, raconte le récit des guerres qui ont secoué Rugari depuis 1996 avec l’entrée de l’AFDL. Mais, le Curé et son vicaire ne sont pas les seuls occupants de la Paroisse. Déjà à l’entrée de celle-ci, nous avions noté un changement de décor. Les bananiers plantés le long du chemin cédaient progressivement la place aux cultures maraîchères, tandis qu’à côté de la première Eglise construite en 1911, nous apercevions une base du contingent indien de la MONUC bien gardée par des chars de combat parmi lesquels broutaient paisiblement des vaches dont les robes noire et blanche se confondaient avec les couleurs de l’écriteau noir sur fonds blanc des Nations unies. Derrière la base de la MONUC se trouvent les vieilles maisons des enseignants, dont beaucoup sont en ruine, que la Paroisse a mises gracieusement à la disposition des personnes qui retournent de leur exil et qui ont perdu leurs habitations dans les nombreux combats entre les FARDC et le CNDP pour la conquête de la base militaire de Rumangabo, située non loin de la Paroisse. C’est vers ces maisons, dont la vétusté tranche avec la nouveauté du camp de la MONUC, que nous nous dirigeons en file indienne par un petit sentier traversant la cour de l’école de la Paroisse avec Darya REKDAL et Peter RISHOLM, respectivement chargée des Urgences et chargé de Communication de la Caritas Norvège arrivés à Goma, le Chef-lieu de la Province du Nord-Kivu, le mercredi 18 mars 2009. La maison de Verdiana Serugundo, une retournée de Rugari, sert de cadre à la rencontre entre la délégation de la Caritas Norvège, la Caritas Congo et la Caritas Goma avec les retournés de la localité. La délégation de la Caritas Norvège est venue s’entretenir avec les bénéficiaires sur l’aide en non vivres (kits de ménage, habits et savons) qu’elle leur avait accordée dans le cadre de EA 33/2007. A l’occasion de cette visite, les bénéficiaires ont présenté l’échantillon des biens qu’ils avaient reçus et dont ils se servent encore. Ils ont également décrit les conditions déplorables dans lesquelles ils vivaient alors, avant de remercier leurs hôtes pour l’aide qui est venue à point nommé. La vingtaine des bénéficiaires rencontrés ont formulé aussi leurs besoins actuels qui se traduisent en termes de l’habitat, des intrants agricoles et des vivres en attendant qu’ils obtiennent les premières récoltes de leurs champs. La localité de Rugari s’était vidée de sa population à partir d’octobre 2007 suite aux combats dans la région. Même la Paroisse avait été occupée par les troupes du CNDP, obligeant ainsi les prêtres à trouver refuge avec leurs fidèles au bord de l’axe routier Goma-Rutshuru. En octobre 2008, les combats sur la base de Rumangabo avaient provoqué de nouveaux déplacements des populations refugiés tout au long du même axe routier. Cette visite de la Caritas Norvège dans le Diocèse de Goma est la première en RDC. Ses premiers contacts avec la Caritas Congo remonte à l’année 2007 avec une contribution remarquable au EA 31/2007 dans le Diocèse de Butembo-Beni. En 2008, elle a contribué au EA 33/2007 qui a permis d’assister 6.310 ménages dans le Diocèse de Goma. Outre les bénéficiaires de cet EA(Appel à contribution d'Urgence), la Caritas Norvège a aussi visité, le vendredi 20 mars 2009, les camps de déplacés de Kiwanja et de Mugunga ainsi que l’atelier de couture des femmes victimes de violences sexuelles accompagnées par la Caritas Goma. La visite de l’atelier a été précédée, la veille, par un entretien de la délégation avec le médecin traitant des victimes de violences sexuelles. Mais, une fois à l’atelier, certaines victimes ont décrit leur drame à des termes pathétiques qui ont ému Darya et son collègue Peter. 067
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